Ibid., ad
dérive. Or, plus on cède, plus le vice croît, de même que plus on résiste, ‘plus la vertu devient facile. En d'autres termes, on doit opposer à la gourmandise, à l'alcoolisme et à leurs conséquences de tout genre non seulement une tempérance qui serait une absence d'excès ; mais une véritable abstinence!.
4. — La question du jeûne se rattache à cette pensée, et bien qu'elle n’ait lieu d’être envisagée, quant à ses modalités, que par le théologien, elle n’est pas étrangère au philosophe.
Trois raisons justifient le jeûne. Premièrement la nécessité de refréner la chair, et par là de favoriser, avec les vertus, toutes les réalités individuelles ou sociales qui dépendent des bonnes mœurs. Deuxièmement, le jeûne permet à l'esprit de se dégager des sens et de vaquer mieux à la vie contemplative, science ou prière. Troisièmement, il répare les fautes en manifestant le repentir et en appliquant une sanction volontaire qui permettra de reprendre plus allègrement la vie morale ?.
La nature de ces raisons prouve que le jeûne, pris en général, est une prescription de morale naturelle, bien que les déterminations positives le concernant soient affaire religieuse *.
La mesure, ici, sera de donner satisfaction à de tels motifs sans enlever à la prudence et aux autres vertus ce qu’elles requièrent. Au nom de l'hygiène, on fait la diète pour éviter des maladies ou pour se livrer à certains sports; mais non pas jusqu'à altérer la santé. De même on peut et parfois l’on doit, au nom de l'hygiène morale, pratiquer le jeûne; mais non pas jusqu’à offenser la moralité dans un autre sens. C'est