Ibid., art
ont à remplir des rôles où la clarté du jugement, la possession de soi sont spécialement nécessaires.
A ce dernier titre, les vieillards, les chefs, les hommes religieux, ceux qui sont préposés à l'instruction ou au gouvernement des autres doivent être particulièrement sobres. Le premier cas est celui des jeunes gens chez qui les passious fermentent, el des femmes, que leur faible complexion rend peu résistantes aux entraînements’.
4. — L'ébriété, qui suit à l’usage immodéré des liqueurs enivrantes, n’est pas un vice par elle-même ; c’est un état physique, état qui peut résulter d'une faute, mais aussi d'une erreur, d'une fatigue momentanée, d'une surprise. S'il y a faute, il n’en faut pas moins distinguer la faute elle-même et ses effets physiologiques. On a donné aux deux, en latin, le nom d'ébriété. En français, on distingue l'ivrognerie de l'ivresse. La première seule est opposée à la sobriété, par là à la tempérance*.
5. — Sa gravité, lorsqu'elle est acceptée librement, en dehors de toute erreur, tient à ce qu’elle prive l’homme de l'usage de la raison, qui est en lui le moyen de la vertu et le frein des vices. C’est en cela qu'elle dépasse en malice la gourmandise, dont Ia raison n’est affectée, en général, que ‘faiblement.
Il est bien entendu que les circonstances peuvent renverser le cas; mais il s’agit ici d'espèces.
I ne s'ensuit pas que l’ivrognerie se range parmi les vices les plus graves. Qu’elle soit contraire à la raison à un titre spécial en ce sens qu’elle en suspend momentanément l'emploi, ce n’est pas à dire qu’elle soit contraire à la raison plus que d’autres. Cet emploi qu’elle