‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 345 sur 440 · Ibid, art. 3. : PSE D Ibid. ad 2e... À EN · texte numérisé non relu

Ibid, art. 3. : PSE D Ibid. ad 2e... À EN

F8: Ibid., ad 3" et locis supra cit.

l'homme vierge, la virginité”est pourtant, en soi, supérieure au mariage.

On en a dit déjàla-raison. La vie active est inférieure, en soi, à la vie contemplative, comme plus éloignée de la fin de l’homme. Or, le mariage nous engage dans l’action par mille chemins. Prendre une telle charge, c’est se condamner à beaucoup de soucis. Soucis vertueux, sans nul doute; mais relativement inférieurs. La virgi-

nité permet de vaquer librement à la haute vie.

8. — De plus, le mariage, en ce qu’il y a de spécial à son cas, se propose comme but la multiplication de l’espèce, qui est un bien corporel. Les biens spirituels qui s’y joignent ne lui appartiennent pas en propre. Celui qui consiste dans la multiplication des âmes, à l’occasion de la chair, n’est un bien que secondairement, vu que le nombre n’est pas voulu pour soi, mais pour le meilleur épanouissement des qualités de l’espèce. Celui qui travaille directement, en soi et en autrui, à élever le niveau de l'espèce, lui est donc plus vraiment utile que celui qui s'emploie à la multiplier. Le nombre se tient du côté de la matière; la perfection concerne la forme, qui est ici l’ os

9. — Le lecteur remarquera que cette thèse, tous aristotélicienne en son fond, se rapproche assez curieusement d'une thèse de Tolstoï.

Examinant l’objection de Jean-Jacques, devenue si banale : Que tout le monde demeure vierge : que deviendrait le genre humain? Tolstoï entend ne pas se contenter de la réponse si solide de saint Thomas relative à la distribution des rôles sociaux, et sans laisser de répliquer, ainsi que tous : Que deviendrait le génre humain si tout le monde était soldat, tout le monde boulanger, tout le monde notaire.., il pousse plus loin.

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