‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 346 sur 440 · Ibid., art 4, cum resp. ad 3» et loc. supra cit · texte numérisé non relu

Ibid., art 4, cum resp. ad 3» et loc. supra cit

Not.

Admettant l’hypothèse et supposant qu’en effet { tout è <

le monde choisit la virginité vertueuse, il ose dire :

Tant mieux ! Non pas qu’il verse dans le pessimisme, .

extincteur volontaire de l'humanité; mais il estime qu'une telle disposition généralisée prouverait l'avènement des fins morales qui sont la raison d’être du monde, etque le monde, alors, pourrait finir.

Pour lui, en effet, comme pour tous les chrétiens, le but de la vie est spirituel. L'activité matrimoniale, en tant qu'elle se distingue de l’autre, est matérielle, ainsi que saint Thomas le remarquait. Procréation ;

dérivation des instincts charnels à l’usage des impar-

faits : ce sont là des moyens. La virginité chrétienne est de l’ordre de la fin ; elle vise à l’établissement du règne de Dieu autant que le permet cette terre ; elle ne pour-

suit plus délibérément de fin charnelle. Après ce qu’elle

cherche, il n'y a plus que le ciel. C’est un état de perfection, un essai de vie angélique pareille à celle dont l'Évangile a dit en parlant de ses élus (Matt. XXII. 30): «Nequenubentneque nubentur, sedsunt sicut angeli Dei». Si donc tous en venaient là, le genre humain périrait sans doute ; mais on peut estimer qu’il aurait accompli son œuvre et serait mûr pour la récompense. Il aurait vaincu le péché d'origine, reconquis son Eden spi-

rituel, retraversé la matière où il était tombé avec excès pour revenir au règne de l'esprit qui est le but de.

l'évolution terrestre.

La chasteté universelle et parfaite serait le signe le plus certain, quoique non pas toute la réalité du règne définitif du bien tel que le comporte notre condition. Et alors, le « parfait » pourrait venir.

Souhaiter, en ce cas, des mariages pour la continuation du monde, ce serait, en vue de la vie, sacrifier les raisons de vivre, propter vitam vivendi perdere causas.

Telle est la conception de Tolstoï. Et l’on peut dire

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