‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 347 sur 440 · M RE · texte numérisé non relu

M RE

qu AE De trop ‘étroite et incomplète, # mais non pas qu’elle soit fausse. is

Ce qu'il faut y ajouter, selon saint Thomas, c est que l’état de perfection n'étant pas perfection, mais orientation vers elle, et d'autre part les vues providentielles

ayant assigné à l’humanité un certain développement

numérique, requis pour sa pleine manifestation en

valeur : il yaurait lieu, si les hommes en arrivaient tous,

ou la plupart, à la préparation d’âme que suppose la virginité pour Dieu, non pas de laisser, sans plus, périr le monde ; mais de se demander : Le nombre des élus est-il complet? Le degré de valeur voulu par Dieu pour l'humanité terrestre est-il atteint ? Dans ce dernier cas, on pourrait, en effet, laisser la race s'éteindre; mais dans le cas contraire, on devrait reconseiller le mariage dans la mesure nécessaire au salut de l’espèce.

Procréer deviendrait alors un dévouement. Les fins secondaires de l'union, relatives aux concupiscences charnelles, n'étant plus recherchées par personne, toutes les âmes seraient vierges, et l’absence de virginité dans les corps ne serait plus le signe d’une infériorité morale.

Ce cas théorique souligne ce qui ressortait déjà de la doctrine exposée, à savoir que la virginité de fait est supérieure ou inférieure selon les cas; que la virginité de cœur est seule supérieure de soi, et que c’est à cause . de celle-ci que nous louons la première.

Dans la réalité, le partage se fait seul entre les élus de la virginité et les autres. Les nécessités de l’espèce

trouvent à se satisfaire sans aucun sacrifice des conseuls. De même que le Sauveur a dit à propos de la nutrition individuelle : « Hommes de peu de foi, de quoi vous troublez-vous ? » — et cependant la nourriture est nécessaire ; mais Dieu y pourvoit par le devoir même : ainsi en est-il pour la nutrition de l'espèce.

Oublier la sensualité tant qu’on peut; ne pas se

Page 1