‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 352 sur 440 · Ibid., Q. CLIV, art. 1; Q. XV de Malo, art · texte numérisé non relu

Ibid., Q. CLIV, art. 1; Q. XV de Malo, art

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dE ‘aussi, l'existence entière. ‘Comme in est. rare, on dit, parlant en général, que la gourmandise est faute légère. Mais ici, c’est le cas universel; car la fonction génératrice tend de soi à former une existence, et s’il est vrai que, régulièrement parlant, elle ne peut, hors mariage, la fonder dans des conditions heureuses, on ne pourra plus dire que la fornication ne nuit à personne; on devra la ranger parmi les choses qui sont directement contraires à la vie humaine.

3. —.Or, n’en est-il pas ainsi? Dans la nature, les espèces animales dont les petits ont besoin, pour grandir, des soins combinés du mâle et de la femelle, ne pratiquent point l’union de hasard (vagus concubitus) ; mais chaque mâle s’unit à une ou plusieurs femeiles déterminées, comme cela se voit chez tous les oiseaux. Chez d’autres animaux, s’il n’en est pas de même, c’est que la mère suffit aux petits.

Dans quelle catégorie faut-il ranger l'homme, c est ce qui ne peut être douteux pour personne. De vie

extrêmement complexe, l’homme a besoin d’une longue

formation, où le rôle du père et celui de la mère sont marqués avec évidence. La femme nourrit et soigne ; ses rôles sont surtout relatifs à la première enfance ; mais l’homme, ensuite, beaucoup plus qu’elie, bien que ce soit avec son concours, doit éduquer, défendre, promouvoir la vie intérieure et extérieure de l'enfant, et pour finir l’établir dans une vie désormais autonome, sans pour cela lui devenir étranger, vu que pour l'enfant, jusqu’à la fin, le père travaille.

Il est donc contre nature que l’homme ait rapport à la femme et qu'il refuse de se lier à elle pour suivre les conséquences de son acte. Le mariage est de droit une condition de l'union. Le mariage, c’est-à-dire une union durable, sinon même permanente.

N'est-ce pas pour cela que, dans notre espèce, les

hommes ont si grand souci de la certitude de leur fruit? Cette inquiétude naturelle est le signe de leur rôle. Ils se sentent charge d'avenir. Or la certitude en question disparaît dans le cas des unions de passage.

Comme donc on appelle fornicalion précisément cette union que la nature bien jugée condamne, il faut l’appeler une faute grave. Ayant ainsi qualifié le vol, qui ne s'attaque qu'aux biens extérieurs, jugera-t-on mieux l’abus de « quelque chose de divin »°, à ee une espérance d'homme ?

On ne sera pas innocenté par ce fait seul qu’on aura pourvu de son mieux, heureusement peut-être, à l'éducation de l'enfant; car la loi naturelle, comme les lois positives, se fonde sur ce qui a lieu habituellement, non sur ce que peut offrir une occurrence particulière ?

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