‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 359 sur 440 · Ia Ilæ, Q. CXVII, art. unic · texte numérisé non relu

Ia Ilæ, Q. CXVII, art. unic

188 LA MORALE DE SAINT THOMAS D'AQUIN Tel était, aux yeux de Cicéron, le cas de la clémence, qu’il unit à la douceur. Aussi en a-t-il fait une vertu à part. Tout le reste est pour lui modestie, sans préjudice de subdivisions possibles * À On voit assez qu’un tel, classement contient une forte dose d’arbitraire. Saint Thomas l’accepte sur l’autorité de ses modèles : Cicéron, Macrobe, Andronicus, Sénèque. Il y inclut, ainsi qu’on le verra, beaucoup de richesses ; mais on peut penser qu'une méthode différente eût introduit ici plus de clarté. Le rapport est vraiment peu étroit entre l’humilité, la clémence, la simplicité des manières et la sobriété ou la chasteté.

2.— Le mot continence peut être compris de plusieurs façons. Deux principalement se partagent les auteurs et le langage.

On appelle continence l’abstention complète de tout plaisir charnel, Elle se confond alors avec la virginité ou la viduité vertueuses. Mais on appelle aussi conti- . nence la disposition par laquelle on résiste aux impul-

sions véhémentes du plaisir. C’est le sens d’Aristote et de beaucoup d’auteurs chrétiens.

3. — Comprise ainsi, la continence est chose vertueuse sans être dans le sens plein du mot une vertu. Elle affermit la raison contre la passion et la sauve: - mais ce salut 2x ertremis n’atteint pas à la notion parfaite de vertu ; car l'appétit sensitif, que la vertu morale doit régler, demeure désordonné et mal soumis à ses normes. L’homme qui se contient au moment de mal faire est vertueux de se contenir ; on ne peut pourtant pas dire qu’il est purement et nine en disposition vertueuse?.

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