‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 361 sur 440 · Ibid., ad 5m · texte numérisé non relu

Ibid., ad 5m

LA

sition vertueuse dont il fait Prenre se trouve précise.

ment là où gît le mal. Si elle s'y trouvait, l'appétit s’en

trouverait réglé, et il n'y aurait plus lieu à résistance. Comprendrait-on qu’une vertu laisse son sujet dans le même état que le sujet du: vice contraire? Or, le

continent et l’incontinent sont dans un état passionnel

identique.

D'un autre côté, la continence ne peut pas être un état de la raison ; car là non plus il n’y a pas de différence entre les contraires. L’incontinent aussi bien que

le continent sait ce qui est malet le blâme en principe.

En dehors de la passion, il le répudierait lui aussi. Mais il y a entre les deux cette différence que l’un choisit ce qui est bien, résistant à la passion, l’autre ce qui est mal, obéissant aux passions perverses. C’est donc la faculté du choix, siège du libre arbitre, qui est le siège d’une telle disposition. Or c’est la volonté qui choisit, bien que sous des influences diverses‘. Précisément, ces influences qui sont d’une part les influences rationnelles, de l’autre les influences pas-

sionnelles, permettent au langage courant d'attribuer

la continence à la raison et l’incontinence à la passion ; mais il s’agit alors du moteur obéi, non du sujet immédiat, père de l’acte?.

6. — Il ressort de ces explications que la continence est inférieure de beaucoup à la tempérance, puisque là où celle-ci met l’ordre, la première ne fait que résister au désordre.

L'homme chez qui la passion est juoulée en pleine résistance est moins soumis à la raison que celui chez qui elle est domptée, et puisque la vertu est chargée de faire pénétrer la raison dans l’homme, la continence

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