‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 37 sur 440 · Cf. Saint Thomas d'Aquin, livre I, ch. 11, D · texte numérisé non relu

Cf. Saint Thomas d'Aquin, livre I, ch. 11, D

2. III Contra Gentes, cap. 9 ; le IIæ, Q. XVIIL, art. 5 : « Bonum hominis est secundum rationem esse; malum autem quod est præter rationem : unicuique enim rei est bonum quod convenit ei secundum suam formam, et malum quod est ei præter ordinem suæ formæ. Patet ergo quod differentia boni et mali, circa objectum considerata, comparatur per se ad rationem, scilicet secundum quod objectum est ei conveniens vel non conveniens. »

ee) Fa LA MORALE DE SAINT THOMAS | D'AQUIN

é Unité: Que le bien naturel soit objet ‘de Ho | subtil, ce n’est pas ce qui peut l’empêcher d’être objet de rectitude, vu que le désir, bien interprété, est en nous, ainsi qu'on le disait, le signe des volontés de la nature, donc aussi de la rectitude. Toutefois, si le à bien naturel est objet de la volonté morale, ce n’est pas . ve directement; c’est par l’intermédiaire de la raison qui règle nos démarches; donc en tant que soumis à cette règle en faveur de laquelle l’objection se dresse. | | 1. Le bien naturel en soi est objet de désir; le bien | Loue naturel, en tant que soumis à la régulation de la raison, ia devient cause de bien moral pour la volonté qui l’embrasse. La raison est donc bien ici autonome, si lon # s’en tient proprement à l’ordre moral. Elle est source ARR immédiate de la moralité. Elle investit le bien naturel. | te Elle donne la loi en tant qu’elle est la loi. Aussi a-t-on LD RSReE dit du bien naturel premier : Parce qu’il n’est pas soumis ROR à la raison, mais lui est présupposé; ou, si l’on veut, Th parce qu’il est soumis uniquement, en fait de raison, à la raison de la nature, ce bien-là n'appartient pas à US l'ordre moral, si ce n’est au titre de principe. On l’emra brasse nécessairement, comme nécessairement la pierre tombe au centre. Les autres biens, voulus pour celui-là, peuvent s’y référer bien ou mal. Qu'ils y concourent, c'est l’effet dela raison, après que Dieu a remis l’homme Du « aux mains de son propre conseil ». Si la raison est satisfaite, l’objet est dit bon; dans le cas contraire, on je le dit un mal. Et c’est donc sur l’objet qu’on prononce ; mais sur l’objet devenu raison ou déraison, à la lumière de cette loi que Kant a cru devoir substituer à toute réalité positive.

Placer l’objet moral sous la dépendance de la raison ee a qui le fera, moralement, ce qu'il est, c’est tout ce qu’exige l’objection kantienne. Quant à murer la

‘| ñ 1. Ie Ie, Q. XIX, art. 1, arg. 3, cum resp.

travail ait de quoi se dr . que la sn see moralité soit la règle de quelque chose ?.

Toute pratique, disait-on plus haut, est relative à un but. Les partisans actuels des morales scientifiques et de l’art moral le reconnaissent. Ils diffèrent de saint Thomas en ceci que s’ils admettent des buts immédiats, le but suprêmeet l'absolu de la conduite leur échet Kant, lui, partisan de l'absolu, le plæce en l'air, et. ordonne à la volonté d’obéir sans lui intimer la raison de l’obéissance. La ratio agendi est remplacée par un caporalisme mystique à forme impersonnelle autant . qu'irréelle ; entre ciel et terre, disait Schopenhauer.

Chez saint Thomas, le ciel et la terres’unissent dans la notion de la forme divine à réaliser dans l’homme et 1 par l’homme : but positif, bien que apparenté à l'idéal; but concevable par nous, bien qu'il nous soit dom R LE naturel et par là objet de désir, parcé que. nous y incline la nature ; but moral cependant, parce que pour y tendre efficacement, il faut d'abord comprendre et accepter la vraie réalité de soi-même, ensuite se rassembler, se redresser, se prolonger dans le sens de ses relations immédiates et universelles, se pousser ou se. contraindre, et que c’est là tout l’effort moral.

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