Ibid, art. 5: In IV Ethic., lect
: 802 LA MORALE DE SAINT THOMAS D'AQUIN et provoque des sentiments nombreux. Une colère désordonnée trouvera donc une ample matière de vices. En second lieu, la colère est une violence, et toute violence déréglée est appelée à produire de grands maux. Un esprit hors de soi se précipite dans tous les désordres *.
. 8.—Ilya cependant des effets particuliers qui suivent à la colère plus directement, parce qu'ils en sortent en raison de sa nature. En tant qu’elle est dans le cœur, la colère a pour filles l'indignation, mot que saint Thomas prend dans son sens étymologique, pour un refus d'honorer, etl’agitation tumultueuse de l'esprit ({uwmor mentis) qui fait retourner au dedans tout ce qui pourrait assouvir la colère.
En tant qu’elle cherche à s'exprimer, la colère a pour filles les récriminations, les clameurs, les paroles désordonnées et confuses, toutes choses que saint Thomas
renferme dans le mot c/amor, et d'autre part, plus gravement, contre le prochain ou contre Dieu : l'engure (contumelia) et le blasphème. |
9. — Puisqu'on a dit que la colère, en tant que mouvement de l’âme, n’est pas peccamineuse par elle-même ; que seul son excès est blâmable, on devra reconnaître, au nom de la théorie du juste milieu, que le manque de colère, lui aussi, peut être un vice. « Une patience hors de raison, a dit Chrysostome, sème les vices, . nourrit la négligence, et invite au mal non seulement
les méchants, mais les bons eux-mêmes. »° La colère qui entend éviter ces abus n’en est plus une : c'est un jugement, et son absence est évidemment . une faute.
Qu'une émotion de la sensibilité l'accompagne, c’est une nécessité psychologique. .Le contraire prouverait la