Ibid., Q. CLXI, art. 1, ad
“fage as 5 er i
ce » que sa à providence règle. Mais il fau précise davan- Ÿ
Au sujet de ceux qui nous Chteon comme au sujet
de nous-mêmes, deux choses sont à considérer : ce qui
est de Dieu et dé cod de Dieu ; ce qui étant del homme est attribuable à l’homme. A l’homme revient, sans
nul partage, tout ce qui est défectueux ; de Dieu vient, . comme de sa cause première, tout ce qui est bon. « Ta perte vient de toi, Israël ; de moi uniquement ton
secours », a dit le prophète (Osée, XIIT, 9). Puis donc que l'humilité est au fond relative à Dieu, elle exigera que chacun s'incline, soi, selon ce qui est
de soi, devant le prochain considéré selon Dieu et en ce qui lui vient de Dieu. Par contre, elle n’exigera point
que quelqu'un place au-dessous de ce qu’il y a de divin dans autrui ce qu’il croit reconnaître en lui-même
comme provenant de la même source; ni davantage
qu'il traite comme inférieur ce qui, en lui, vient de
l’homme, par comparaison à ce qui vient de l’homme, aussi, en autrui. Sans cela, chacun devrait se croire
inférieur en tout à tous les autres, et une espèce de fausseté universelle sévirait.
Il est toutefois légitime et louable, étant donné nos propensions à l’orgueil, que nous considérions surtout, en autrui, le bien que nous n'avons pas, et en nous le mal que le prochain n’a pas. De telle sorte que nous
penchions plutôt, par vertu, dans le sens opposé à celui
où nous penchons par nature *. C’est de cette façon qu'ont
agi les saints, sur le conseil de l’Apôtre : « Jugez-vous
supérieurs les uns les autres » (Philipp., I, 3). Il ne faut pas pour cela laisser de garder son rang,
quand l'utilité commune l’exige. L’humilité est chose du
dedans ; elle ne doit se produire au dehors que sous le contrôle de la prudence. C’est pourquoi Augustin a dit