Saint Augustin, De Verb. dom., serm, 10, cap
“être Léelée par la raison et se cpumentes à en, au lieu de prétendre s’y substituer en se préférant à lui, ce qui est une énormité morale, ou à ce qui participe de lui plus que nous, ce qui est, en réduction, le même vice.
L'orgueil est le singe de Dieu. En petit ou en grand, « il en essaie une imitation perverse; car il haït, dit Augustin’, l'égalité avec ses frères au-dessous de Dieu, et il veut imposer à ses frères sa domination à la ape de Dieu, dont ses prétentions troublent l’ordre.
2. — Pour que l’ordre divin soit intact, il ne faut pas non plus qu’on s’abaisse déraisonnablement. Aussi ya-t-il un vice opposé à l’orgueil comme il l’est à l’humilité, celle-ci représentant le juste milieu raisonnable.
On veut parler d’une certaine pusillanimité qui ne se distingue de ce qu’on a appelé plus haut de ce nom-là que par son attitude spéciale. ;
La pusillanimité a été opposée à la magnanimité ou grandeur d’âme, en ce qu’elle nous retire des grandes choses auxquelles nous pouvons et devons prétendre. En tant que cette même disposition nous attache, ensuite, aux choses basses, à l’étroitesse de vie, à l'insignifiance et à l’inutilité, elle représente l’extrême opposé de l’orgueil, et n'est pas moins que lui peccamineuse. On en parle moins, parce qu’elle est moins fréquente et moins grave en ses conséquences
8. — L'orgueil, lui, est si riche d’effets qu’on a pu le définir un vice universel. Non qu’il cesse d’être, en soi, spécial, opposé à une vertu spéciale; mais ses.
retentissements peuvent aller partout, et cela pour deux motifs.
1. Saint Augustin. De Civ. Dei, 1. XIX, cap. xnr. 2. 112 11æ, Q. CLXII, art. 1, cum resp. ad 2», 3. Ibid., ad 3».
= Premièrement, en raison de s: ure | me, ence
que toute déviation morale a pour cau a recherche . mal réglée d’une certaine excellence. Puisque tel est le
propre de la superbe, il sera toujours possible que ce
qu’on désire coupablement soit désiré à cause d'elle.
Deuxièmement, l’orgueil est père des vices en ce qu’il
porte une foule d'hommes à mépriser la loi morale, par
laquelle ils seraient écartés du mal, et à se placer comme au-dessus d’elle. C’est bien ce que dit le prophète au pécheur (Jérém., IE, 20) : « Tu as brisé le joug ; tu as rompu les liens ; tu as dit : Je ne servirai pas. » : à On ne veut pas dire par là que cette diffusion de l’orgueil dans tous les vices et cette fécondité perverse qu'on lui prête soient fatales et constantes. Beaucoup d’hommes pèchent en beaucoup de choses sans que ce soit par orgueil. On peut transgresser la loi sans la mépriser. [1 y a des péchés d’ignorance coupable et des péchés de fragilité, à côté des péchés de malice”. Comme pourtant l’orgueil a de quoi corrompre le bien lui-même en le dirigeant égoïstement vers ses fins, c’est à bon droit qu'on lui a attribué une malice universelle. « La superbe, a dit Grégoire le Grand, ne se contente pas d’éteindre une seule vertu (c’est ce qu’elle ferait par elle-même à l'égard de l'humilité} : elle s’érige contre tous les membres de l’âme, à la façon d’une maladie générale qui corrompt tout le corps. »* Saint Augustina dit lui aussi, dans sa Règle * : « Les autres vices s’attachent au mal, pour qu'il se fasse; l'orgueil s’attache au bien, pour qu’il périsse ». On peut prendre occasion de la vertu pour s’enorgueillir, autant que de toute autre excellence * :