‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 381 sur 440 · Ile IIS, Loc. cit., ad · texte numérisé non relu

Ile IIS, Loc. cit., ad

ane Comme on l’a dit de l'humilité, l'orgueil : a pour condition une certaine attitude d'esprit; mais il est, essentiellement, une attitude de l’appétit volontaire ou sensible. Entre ces deux dispositions, un chassécroisé s'établit. L'intelligence déviée dévie les sentiments et les vouloirs. La réciproque n’est pas moins fréquente.

5. — Ainsi s'explique l’immense tort que fait l’orgueil à la vérité.

En matière de spéculation, l'opposition est indirecte. Les hommes d’orgueil n’inclinant leur esprit ni devant Dieu ni devant les hommes, sont facilement fermés à la vérilé intérieure et extérieure. Ils n'inclinent pas l'oreille, selon le mot de l'Écriture (Eccli., VI, 34), et ne perçoivent point la parole de doctrine. Sages et prudents à leurs propres yeux, comme ceux dont parlait Je Sauveur, ils se voient privés de ce qui est révélé aux petits, c'est-à-dire aux humbles (Matth., XI, 25).

Que s’il s’agit non proprement de connaître la vérité, mais de l’aimer, en vue d’en goûter les fruits, c’est directement cette fois que l’ôrgueil s'oppose. Les orgueilleux, contents de leur excellence prétendue, dédaignent celle de la vérité. Ils la négligent, l’oublient, n’en concluent rien pour la pratique ‘

6. — Réciproquement, celui qui désire violemment exceller en arrive facilement à se placer en esprit audessus des autres. On croit facilement ce qu'on désire. Cette fausse estimation tendra en retour à enflammer encore l’appétit de gloire, et ainsi de suite. >

Il est donc naturel que tout ce qui porte un homme à s'estimer au-dessus de soi le porte à l’orgueil, bien que l'orgueil ne consiste pas proprement dans cette estime. C'est pourquoi ceux qui aiment à considérer

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