Ibid., art. 3, cum resp. ad
. Jes défauts d'autrui deviennent vite orgueilleux. Mais
aussi ceux-là aiment à considérer les défauts d'autrui qui sont déjà orgueilleux, selon ce mot de Grégoire, fruit de l’expérience universelle : « Les superbes ne considèrent point ceux qui sont au-dessus d'eux pour les suivre; mais ceux qui sont au-dessous pour les vaincre. »°
1. — On peut tirer de. tout cela qu'il y a quatre espèces d'orgueil. La première consiste à s’attribuer ce qu’on n'a pas, en raison de l'appétit désordonné de sa propre excellence. Orgueil d’esprit par conséquent; mais qui a l’autre pour condition essentielle. La deuxième espèce consiste à s’attribuer à soi-même tout ce qu'on a, tandis que l’honneur en revient à Dieu ou aux autres. La troisième à s’en attribuer tout au moins le mérite, pensant n’avoir reçu que selon sa valeur ou son fait. La quatrième enfin à vouloir indiscrètement, pour ce qu'on a, être vu et glorifié par les hommes.
Au sujet de la première espèce, il faut noter que l’état d'esprit en question, qui consiste à s’attribuer ce qui revient à autrui et à Dieu, n’est pas proprement une affirmation. Celui qui dirait délibérément : Je ne dois rien à Dieu ni aux autres ne serait pas seulement orgueilleux : il serait menteur et blasphémateur s’il ne le croyait pas; s’il Le croyait coupablement, il offenserait la vérité divine et humaine. Maïs celui qui sans rien affirmer dogmatiquement se conduit en pensée comme s’il croyait en effet ces choses, celui-là est l’orgueilleux.
8. — L'orgueil est une faute grave de sa nature. Il l’est en fait, s’il est posé dans son essence complète. Contempteur de l’ordre divin, puisque l’orgueilleux ne s'incline pas devant ce qui lui est supérieur dans la hiérarchie providentielle, ce vice dresse formellement