C. — LA STUDIOSITÉ ET SES CONTRAIRES
1. Le rôle de la studiosité. — 2. La studiosité et la tempérance. — 3. L'objet immédiat de la studiosité. — 4. La négligence intellectuelle et la curiosité. — 5. Antinomie apparente. — 6. Diverses espèces de curiosité.
4. — Le-désir de connaître, inné dans l’homme comme le désir d’être honoré ou le désir de jouir, a besoin lui aussi d’être réglé par la vertu. S'il excède, il devient une curiosité vicieuse. S'il est raisonnable, c’est la sfudiosité.
Celle-ci ne doit pas se confondre avec la connaissance.
A. Ia lle, Q. CLXIII, art. 1 et 2; Q. VII de Malo, art. 7, ad 12, 43: In IN Sent., Dist. XXII, Q. L, art. 4.
A4 — On: ne s "étonnera pas ‘après cela de v voir int :
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Elle la régit; mais elle n’est pas de même ordre. Elle est une Denon du vouloir.
Le vouloir étant en nous le moteur di de l’activité, il est naturel qu’on lui prête une disposition spéciale en vue d’une sage acquisition de la science; car si la science est un bien en soi, iln’en est pas moins nécessaire d’avoir égard aux circonstances, de déterminer la mesure, la direction et lereste. Or, cela est le fait d'une
vertu morale”.
2. — On a rangé cette vertu sous la tempérance modératrice, parce que, elle aussi, doit surtout modérer, vu que l'appétit de connaître est une tendance naturelle qui facilement excéderait, bien que, d’un autre côté, dans la mesure où l’intelligence utilise le fonctionnement organique, elle trouve en nous des résistances qui rendent plus nécessaire de promouvoir que de contenir.
C'est de cette dernière Mb A que le mot studiosité est emprunté, vu qu'il signifie application; mais la première est cependant, en soi, la principale, et pour ce motif la studiosité est classée comme espèce de la modération ou modestie, qui elle-même est annexée à la tempérance?.
3. — Quand on dit que la studiosité a pour objet de régler les conditions de la connaissance, on l'entend de son objet immédiat ; car on peut être studieux de bien des choses, et non pas seulement du RAR L'esprit s'applique à agir et à posséder, autant qu’à connaître. Mais ces applications de l’intelligence supposent toutes la connaissance préalable, et c’est en tant qu Ec, la supposent que la studiosité les concerne.
Si l’avare est curieux des moyens de s'enrichir, la
41. Is Ile, Q. CLX VII, art. 2, cum resp. ad 2». 2. Ibid., ad 3m.
(LES VERTUS. ANNEXÉES. A LA TeMPéRANcE RL LL
coquette curieuse des modes, c'est par attachement a. - leur corps ou à leur bourse. « Là où est votre trésor, là
se portera votre cœur », a dit l'Évangile (Matth., VI, 21). Ce n'en est pas moins l'esprit quiest empressé à savoir, et il y a donc lieu de le régler, ce que la studiosité se propose ‘
Deux ennemis pourront tenter de s'opposer à son. travail : la négligence de savoir d’un côté, la curzosité de l’autre.
4. — De la première, il n’y a’ pas lieu de parler beaucoup, si ce n’est lorsqu'il s’agit de devoirs d'état. Au sujet de la seconde, des considérations intéressantes viennent en jeu.
Tout: d’abord, il faut rappeler la distinction posée. Autre est la connaissance de la vérité prise en ellemême ; autre est l’appétit de connaître la vérité.
La connaissance de la vérité est un bien, à ne considérer que l'intelligence et l'objet. Mais accidentellement, connaître la vérité peut être un mal, en raison de conséquences fâcheuses : comme si par exemple on s’enorgueillit de son savoir, ou 8i l'on en abuse paie mal-faire "7
D'un autre côté, l'appétit de connaître et l'effort qu'il inspire peuvent être vertueux ou vicieux. Ils seront vicieux si l’on cherche la vérité précisément en tant qu'elle est accidentellement liée au mal. Comme si l'on étudie en vue de s’enorgueillir de sa science, « croyant, comme dit Augustin, habiter au ciel, pour en avoir souvent disputé » *. Ou comme si l’on cherche par là des moyens de pécher, selon le mot du Prophète (Jerem., IX, 5). «Ils ont appris le mensonge à leur fn ils ont travaillé pour commettre l'iniquité. »
Le désir et l'effort de connaître seront vicieux encore