Saint sugustin, De Moribus Eccles., cap. xx, anie med
si quelque circonstance les dévie. C’est le cas dé ceux qui se laissent écarter des devoirs nécessaires par des études futiles; de ceux qui visent plus haut que leurs forces et s’exposent ainsi à l'erreur ; de ceux qui mêlent la superstition aux moyens normaux de recherche ; de ceux enfin qui arrêtent leur curiosité aux objets d'en bas, sans souci de l’Objet suprême auquel, pourtant, tout le créé devrait s'orienter dans l'esprit, comme il s’y oriente dans le réel’.
5. — Ce qui explique cette antinomie d’une connaissance vicieuse, alors que dans la philosophie de l’Aquinate, la connaissance est une fin en soi, une fin suprême, c’est que cette proposition : La connaissance est une fin suprême, ne peut évidemment pas être vraie de toute connaissance. C’est la Souveraine Vérité qui doit combler nos vœux explicites ou secrets. Or, la souveraine vérité a des chemins que la science bien guidée peut à coup sûr nous faire prendre, n’y aboutissant pas d’elle-même ; mais précisément pour cette raison, Ja science mal gouvernée en écarte.
En soi, dans l’absolu, la connaissance est supérieure à la vertu, dont elle est le but; mais à l’égard de ce temps-ci, où nous sommes en chemin, les valeurs s’intervertissent. Le moindre atome de charité nous rapproche plus de la vraie Science, que tout l’orgueil de ce qu’on appelle la science. Abuser de cette dernière contre la vertu, ce sera donc la retourner contre soi etl’empêcher d'aboutir là où elle tend : l'achèvement que doit lui procurer le Père des lumières”.
6. — D'ailleurs, ce n’est pas seulement la science proprement dite qui prête ici à déviation. Toutes les curiosités sont perverses. L’usage des sens, qui nous