‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 39 sur 440 · Ia Île, Q. XVIII, art. 4, cum samuiess Cajet. 2. Ibid · texte numérisé non relu

Ia Île, Q. XVIII, art. 4, cum samuiess Cajet. 2. Ibid

vertu de l'homme (xuoù =nv oixelay äperhy). Quant à

l’activité de l'être partiel, elle est fin immédiate, subordonnée à l’autre.

Puis donc que la fin et le bien coibeidenit on devra appeler souverain bien l'activité qui est fin suprême; bien tout court l’activité partielle.

Mais comme l'activité qui n’est pas dernière n’est pas uniquement fin; qu’elle est aussi moyen pour des

réalisations et, par là, pour des activités ultérieures ;

comme d'ailleurs ce qui n’est pas dernier dépend du dernier, on appelle bonne absolument l’activité qui tend à l’acte parfait et à l’activité parfaite qui est fin toute

dernière ; on appelle mauvaise celle qui en détourne.

Et cela est vrai, proportion gardée, de toute activité naturelle.

Ce qui caractérise à cet égard l'agent volontaire, c’est

qu’il est juge des fins et de la subordination des fins ; c’est qu’il peut donc, délibérément, adopter pour règle

ce qui est règle : la fin dernière, prenant ainsi en mains les intérêts à lui confiés par la nature.

C’est en effet par son propre bien, en tant que créa-

ture raisonnable, que se réalise /e bien. Son action à lui est donc bonne, en toute circonstance, quand elle est conforme aux exigences de la raison, et, par elle, de

la fin dernière, qui est, au fond, l’objet réel de la volonté, comme la fin générale des êtres est l’objet de la volonté créatrice‘.

5. — Au premier regard, il semblerait que la division des actes humains en bons et mauvais ne soit pas suffisante. Il ya des actes indifférents. Que fait à la moralité que je lève ou ne lève pas une paille ? Beaucoup d'actions humaines entrent dans cette catégorie et semblent exiger une troisième classe.

4. Is Ie, Q. XVIIL, art. 5; Q. II de Malo, art. 4; III Contra Gentes, cap, 9 ; Q. I de Virtutibus, art. 9

qu'on n appelle acte nBerent esttel que Éd Le mesure où il échappe à cette régulation de la raison en quoi consiste la moralité elle-même. Or, ce qui se montre étranger à la moralité pourrait-il en constituer ne espèce ‘?

Quoi qu’en pensent quelques- uns, il n’y à pas d'acte moral indifférent ; il y a seulement des actes qui, de soi et en raison de leur espèce, ne se trouvent pas rangés d'office dans les trésors du bien ou du mal. Qu'ils en demeurent écartés tout à fait, étant délibérés, c'est ce qui n’est pas possible. Outre l’espèce des actes, il y a les circonstances. Un acte qui, de soi, ne dit rien à la moralité, peut y rentrer en raison du temps, du lieu, de la façon d’agir, de la qualité du sujet, etc. A tout le | moins, une circonstance de l'acte viendra la déterminer de inévitablement au bien ou au mal, c'est la fin vers laquelle il s’oriente. |

On a fait voir que tout acte délibéré est comme la

conclusion d’un syllogisme dont les fins de la volonté

ont fourni le moyen terme”. Or, la raison étant la | faculté de l’absolu et ne pouvant se renier elle-même, le fait seul d’agir sans avoir rattaché implicitement ou explicitement son acte à l'absolu du bien humain, représenté par la fin dernière, cela seul constitue pour l’agent rationnel un désordre, donc, pour son acte, un mal. Que s’il s’agit d'actes non délibérés, mais gouvernés par l'imagination ou par le déterminisme organique, ces actes-là ne sont, à proprement parler, ni moraux ni humains; ils sont indifférents en ce sens qu'ils se trouvent étrangers au genre dont nous cherchons à établir les espèces *

Page 1