‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 401 sur 440 · On doit donc affirmer que le seul criterium, en · texte numérisé non relu

On doit donc affirmer que le seul criterium, en

matière de conduite effectivement imposée à une volonté droite, c’est la conscience actuelle, Ce que celle-ci ne

contient pas, d’une façon ou d’une autre, est pratique-

ment inexistant, quelque sacré qu’il reste en soi! L’importance capitale d’une telle doctrine apparaît à envisager ses conséquences.

Le bien et le mal tels qu’ils sont représentés dans la

conscience ne sont pas toujours identiques au bien et au mal en soi. En cas d’erreur, une réfraction tenant à la constitution du milieu intérieur dévie le rayon lumineux parti de l’astre. La divine vérité est altérée. Mais il ne s'ensuit pas que la moralité périsse, en tant

‘du moins qu’il s’agit de la moralité du sujet, non de

l’œuvre objectivement prise.

Quand la conscience est droite et obéie, tout est dans l’ordre. L'objet et le sujet ont égale satisfaction. Ce que je fais est bien, et moi, qui le fais, je revêts la qualité de mon œuvre. Mais puisque ce n’est pas la matérialité du fait qui me juge; puisque ma volonté ne se porte vers lui que selon qu’il est appréhendé*, et puisque c'est cela même : le bien tel que le porte l’appréhension, qui est l’objet proportionné au vouloir *, on ne saurait dire que la malice de l’objet déteint sur Île

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