‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 408 sur 440 · Ia Iæ, Q. LXX, art. 2: In I, Ethic, lect · texte numérisé non relu

Ia Iæ, Q. LXX, art. 2: In I, Ethic, lect

NT CONSCIENCE MORALE n à 549

ER

- besoin d’être renforcée par une intervention du vouloir.

“On sait que notre auteur, considérant l’intellection comme un devenir dont l’objet est normalement la cause déterminante, requiert, quand cet objet n’est pas suffisant de soi pour déterminer l’intellect, l’appoint

du vouloir rationnel, celui-ci se déterminant — et

déterminant ensuite l’intellect — par des motifs intellectuels aussi; mais tirés de l’ordre du bien, qui est le propre moteur du vouloir.

Cette théorie, célèbre dans son application à la foi, est générale. Ici, les motifs suffisants pour déterminer le vouloir et, par lui, pour obtenir l’assentiment de l’es-

prit s'appellent principes réflexes.

Par ce détour, et en traversant, si l’on peut ainsi dire, les régions volontaires, l'esprit établit sa certitude pratique au moyen d’un double processus. Premièrement, appuyé sur les principes propres du cas, il çonclut que telle conduite a toute chance d’être bonne. Mais, incapable d'aller plus loin, il ne saurait fonder une certitude prudentielle. Deuxièmement, appuyé sur ceci que l’action ne saurait attendre les évidences ; que la prudence est sauve à un moindre prix; que le criterium de l’obscur, c’est le vraisemblable, et que la Providence nous ayant jeté dans le probable, elle doit s’en contenter de notre part — arguant ainsi, explicitement ou implicitement, l’esprit trouve 6on d’adhérer à l’opinion dite prudente ; le vouloir suit, et détermine finalement l’adhésion. -

Cette analyse est d’une nécessité rigoureuse, étant donné les principes thomistes. Ce que ne détermine pas l'objet en lui-même ne peut être déterminé que par un choix. D'où la liberté qui intervient dans la plupart des jugements de conscience, et la responsabilité qui en ressort.

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