Le doute, lui, ne saurait, rigoureusement par
lant, qualifier la conscience, vu qu'il implique lindétermination du jugement, et que la conscience est le jugement même, tel qu’il est déterminé. Mais quand on dit : Conscience douteuse, on veut dire une conscience. qui ne se forme pas, soit qu’elle manque de motifs, soit que des motifs égaux en sens contraire la sollicitent.
Conscience négativement douteuse ; conscience positivement douteuse : tels sont donc les deux cas à retenir. La balance ne chavire point : soit qu'elle demeure vide, soit qu’on y jette des poids égaux”.
5. — On doit trouver évident, d’après cela, qu’une conscience douteuse ne peut jamais être appelée une bonne conscience; car l’'indéterminé, en matière de savoir relatif à l’action, c'est le parti accepté de dévier aussi bien que de rester dans sa règle. Bon ou mauvais, Je pose cet acte : ainsi parle l’agent moral, et une telle disposition est bien nettement, à l’égard de la loi morale, un mépris.
« Faire ce dont il est incertain que ce ne soit un péché, c’est un péché certain »,a dit Augustin ?.
‘Celui donc qui est ainsi dans le doute pratique, relativement à ce qu’il doit faire, est tenu soit de s’éclairer, s’il le peut; soit de suspendre l’action, si elle n’est pas urgente ; soit de prendre le parti Le plus sûr, c’est-à-dire d’incliner dans le sens de la loi, au lieu de s’épargner lui-même.
6. — Quant à l'usage des probabilités, saint Thomas est très loin d’en avoir traité comme on l'a fait avec acharnement depuis deux siècles. Il respire hors de cette poussière. Mais ses principes suffisent amplement à dirimer les questions pendantes.