Il distinguerait avec tout le monde — plus net
tement que la plupart — entre la probabilité appliquée
aux queslions qui se jugent par rapport aux dispositions de l'agent moral (passiones) et la probabilité relative
aux questions qui mettent en cause des actions ayant
valeur par elles-mêmes (operationes)!.
Parlant de celles-ci, il dirait : Ces actions comportant
de soi, aux yeux de la raison, une bonté ou une malice
propre, on ne peut être sûr de ne pas pécher, en ce qui les concerne, que si l’on est sûr de leur propre rectitude.
La sécurité de la conscience coïncide donc ici avec la sécurité du /ait, et puisqu'on a dit de la conscience qu’elle exige, ultimement, la certitude morale, on ne peut ici arguer de probabilités théoriques.
Le plus probable, c’est le plus sûr, là où la vérité s'établit en considération d’un objet dont la sauvegarde s'impose. res
Il a beau être plus probable qu’il n’y a point d'homme dans le fourré, je ne puistirer, utilisant une probabilité homicide. Mon action ne sera bonne, en ce cas, qu'en . mettant à couvert une vie humaine.
Au contraire, s'agit-il des questions morales qui ne mettent en cause que les dispositions de l’agent, la probabilité pourra servir à former la conscience.
Dans ce cas, en effet, l’action extérieure n’a d’intérêt que comme signe ou effet des dispositions intérieures *. Dès que les dispositions intérieures obéissent à la raison, la moralité est sauve ; le péril de malice est ôté.
Il n’en est pas comme tout à l'heure, quand, la bonté ou la malice gisant dans les choses mêmes, toutes les
4. Cette distinction peut cadrer à peu près avec la probabilité de droit et la probabilité de fait des modernes ; avec la probabilité relative aux nécessités de préceple ou aux nécessités de moyen. Mais elle ‘est autrement précise.