Cf. Le Ile, Q. LX, art
protestations de bon vouloir ne pouvaient suffire à sauver la conscience. lei, la réalité à sauvegarder, c’est la sincérité du bon vouloir, c’est l'harmonie intérieure des . passions, rien d’autre. Il n’y a donc pas lieu d'aller au plus sûr. En tout cas, on ne saurait en faire une obligation. La certitude de la conscience peut s'obtenir indépendamment de la certitude du fait, et pour fixer cette certitude vertueuse, l’usage des probabilités sera possible.
8. — Comment et dans quelle mesure, c'est la question qui divise les docteurs.
Pour saint Thomas, voici comment se présenteraient les choses.
La loi n’oblige, a-t-on dit plus haut, que par l'intermédiaire de sa promulgation en nous, c’est-à-dire de la connaissance que nous en avons, et, par une conséquence évidente, de la certitude de cette connaissance”.
Une loi dont la conscience sincère n'arrive pas à établir l'existence pour soi, est donc une loi non promulguée. Autant dire une loi inexistante. |
Or, pour que tel soit le cas, il suffit qu’il y ait contre la loi une probabilité au moins égale à la sienne; car s’il y a égalité pour et contre, et à plus forte raison s’il y a davantage contre, ce qui est promulgué vraiment, ce n’est pas une loi, c’est un doute.
Cette solution, d’ailleurs, suppose que c’est la loi qui entreprend sur laliberté, puisqu'on précise les conditions de sa victoire. Que si au contraire la loi est certaine, et si c’est la liberté qui, au moyen de probabilités, cherche à se dégager de son étreinte, les conditions se retournent. ”
De même qu’une loi douteuse ne pouvait obliger une liberté certaine : ainsi une liberté douteuse ne peut empêcher l'effet d’une loi certaine.