‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 413 sur 440 · I. — NÉCESSITÉ DES SANCTIONS MORALES · texte numérisé non relu

I. — NÉCESSITÉ DES SANCTIONS MORALES

1. L'idée générale de sanclion. — 2. Antécédents de l’idée de sanc-

tion dans la morale thomiste. — 3. La filière des notions. — 4, La position de la thèse. — 5. Insuffisance des sanctions naturelles. — 6. Insuffisance des sanctions sociales. — 7. Insuffisance des sanctions de conscience. — 8. D’où peuvent venir de vraies sanc- : tions. — 9. Preuve des sanctions morales. — 10. Les sanctions morales engagent Dieu. — 11. Autres raisons du méme fait. — 12. Le point de vue central de la thèse. — 13. Solidarité de l'idée de sanction morale et de l’idée d'obligation. — 14. Tout mal subi est le résultat d'une faute. — 15. Une objection fallacieuse. — 16. Réponse à la première partie de l’objection. — 17. Réponse à la deuxième partie de l’objection. Son premier sens: — 18. Second sens de l’objection. Réponse.

4. — « Partout où s'établit un ordre de finalité bien réglé, il est nécessaire que l’ordre institué conduise à la fin, etque s’écarter de cet ordre, ce soit aussi s’écarter de la fin. »

« Car ce qui est en raison d’une fin reçoit sa nécessité de cette fin, de telle sorte que cela doit être posé, si l’on veut que la fin s’obtienne, et que cela posé en effet, hors de tout empêchement, la fin s’ensuive. »

« Or Dieu a imposé aux actes des hommes un certain ordre, à l'égard de leur fin heureuse. Il faut donc que . si cet ordre a été bien établi, ceux qui y marchent obtiennent la fin heureuse, ce qui est être récompensé,

et que ceux qui s’en écartent par le péché soient exclus

de la fin heureuse, ce qui est être puni. »°

Dans ce texte, saint Thomas marque de la façon la plus nette sa position à l’égard des sanctions morales.

Ce n’est pas que ce mot sanction trouve un équivalent dans sa langue ; mais l’idée se développe en ses écrits avec une largeur et une précision qui nulle part davantage ne se font voir.

2. — Dès le début du texte cité, les attaches de la notion à envisager avec le principe lout premier de la morale thomiste se révèlent.

Aux yeux de saint Thomas, la morale est pour l’homme l’art d’arriver à sa fin. Cette fin, c’est le bien, c’est-àdire, individuellement et collectivement, l’achèvement de l’homme. Le bien moral, ce sera donc, avec l’acceptation de cette fin, la fidélité aux moyens qui y confèrent. Le bonheur ou le malheur en sortiront, sous le nom de sanction, suivant que le bien sera obtenu et éprouvé — perfection épanouie en joie, ou au contraire manqué, avilissant et torturant par son absence.

On voit l’homogénéité de ces données, dont le lien correct est la force des solutions ; dont la dissociation crée toutes les difficultés qu’on y oppose.

Du moment quela vertu est le moyen du bonheur, elle doit le produire.

Du moment que le vice est le refus du moyen, il doit écarter du résultat.

Ceux qui combattent les sanctions, ou bien se font une tout autre idée de la morale, et alors la discussion avec eux se reporterait sur ce point plus fondamental ; ou bien ceux-là devraient prétendre que le moyen et la fin, en matière de destinée, ne sont plus dans une

dépendance causale; qu’on peut «aller à Londres en

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