ÎLES SANCTIONS
marchant sur Berlin ; qu’on peut n abobte Luis part, tout en prenant une route authentique ; que même on
doit le vouloir, et que c’est une vertu de se désintéresser du voyage, pourvu qu'on aille à bonne allure, au milieu du chemin éternel.
Mais ces suppositions sont contraires à toutes les déterminations précédentes.
I n’est pas vrai que le moyen et la fin puissent ainsi se disjoindre, soit dans notre intention, soit en réalité. Car la réalité est œuvre d’un Dieu sage, et notre intention a pour loi de s’unir à cette sagesse.
Ces deux notions suffisent ici à décider de tout. Il
faut seulement yregarder d’assez près pour ne pas con-
clure hors de la dépendance des prémisses.
3. — On a vu que saint Thomas adopte, en son pont de départ, la position morale d’Aristote*.
L'homme est fait, comme toute chose, pour un certain développement que sa nature détermine; que sa volonté, si elle est droite, doit rechercher; que son effort, aidé de son milieu, est chargé de réaliser, et que, normalement, le bonheur couronne, le bonheur n’étant que la perfection ressentie et goûtée en chaque fonction et par suite en leur ensemble, La fleur du bien.
Là où Aristote trouve la pierre d’achoppement de son
système, c’est quand ils’agit de garantir à la vertu le résultat de ses recherches. Cette phrase de notre auteur : « I} faut que si l’ordre humain a été bien établi, ceux qui y marchent obtiennent la fin heureuse », Aristote eût voulu la prononcer; mais la réalité s’y opposait, et le grand observateur, en dépit de l’optimisme grec,
devait avouer plus ou moins ouvertement que l’ordre
humain ne paraît pas « bien établi »; qu'il est livré au hasard pour une part énorme, et que le riomphe de