Les sanctions naturelles — on entend par là
‘4, Meritum est quasi quoddam iter in finem beatitudinis. In II Sen/,, | Dist. XXXV, Q. IL, art. 8, ad 4.
SERTILLANGES. 36
celles qui nous viennent de la nature — ne sont que : des chocs enretour, dépourvus de tout caractère moral.
Ce n’est pas le volontaire comme tel, qui les actionne.
L’intention et le chair leur échappent. Là est pourtant
le fondement de la moralité. Si de telles sanctions arrivent à compter, ce sera entre les mains de quelque agent volontaire, en état de les égaler à leur rôle’.
6.— Les sanctions sociales peuvent avoir une efficacité partielle et directe, en tant qu’appartenant à l’ordre du volontaire ; mieux préparées, par conséquent, à entrer en concordance avec le volontaire qu’il s’agit de sanctionner.
Mais leur imperfection éclate. Le milieu social réagit selon des lois assez semblables à celles de la nature. Il vise surtout le fait. La moralité comme telle lui est de peu, ou lui est inaccessible. L’hypocrisie lui fait transposer le mal en bien, et ses propres illusions le bien en mal.
Pour que les sanctions sociales en soient vraiment, il
faudra, comme tout à l’heure, qu’elles soient enveloppées par une influence qui les redresse et les empêche de manquer leur but. C’est ce que l’idée du jugement dernier, en religion, a pour mission de fournir ?.
T7. — Quant aux sanctions de conscience, elles prévalent en ceci qu’elles atteignent la moralité en son centre ; qu’elles connaissent l’infention, le choix ver-
tueux ou pervers, et qu'elles peuvent donc en faire
état. :
Mais ce serait une grande illusion de croire que ces sanctions peuvent s’égaler d’elles-mêmes aux mérites. Notre milieu intérieur, qui en fournit les joies et les peines, est livré lui aussi à l’accident. Le microcosme