Rom., IIE
SERTILLANGES. 4
alléger ou aggraver la responsabilité ; elle ne peut IE faire passer d’une espèce à l’autre, du bien au mal!.
3. — On ne contredira pas à cette doctrine en affirmant que le bien ou le mal du vouloir dépend de sa soumission à la raison; car la raison et l’objet, ici, ne sont pas deux choses. L'objet moral implique comparaison aux normes rationnelles. Si cette comparaison est favorable, l’objet est dit bon ; si elle est défavorable, l’objet est mauvais. C’est donc la même chose, pour la volonté, d’être soumise à la raison et de se donner de bons objets ?
Que si l’on veut distinguer, on devra dire que la bonté du vouloir dépend de la raison plus que des objets, puisqu'elle ne dépend de ceux-ci que selon leur rapport avec l’autre; mais ce primat de [a raison n'est que le primat de la forme sur la matière, il n'implique pas une dualité réelle.
4. — De même, il n’y aura nidualité ni contradiction à dire : Le bien ou le mal du vouloir dépend, en même temps que de ses objets, de la Raison et de la Volonté créatrices. Quand on dit, en effet, que l’objet moral est. . constitué par le rapport de l’objet matériel avec la raison,
on l’entend, à titre immédiat, de la raison humaine; mais la raison humaine n’est pas plus première, dans son ordre, que n’est premier l’objet matériel dans le sien. En nous adressant à un objet, nous nous adressons à Dieu dans l’une de ses participations. En nous servant de notre raison pour régler nos actes, nous utilisons Dieu représenté en nous par reflet.
Saint Thomas aime à expliquer ainsi ce texte du psaume IV°: « Plusieurs disent : qui nous fera voir le