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LES SANGTIONS re 363
oudires sous la forme de pénalités ou ue dance : S'il s’agit de l’universalité des êtres, où la moralité nous
engage, il y aura encore des réactions partielles, -parce
que l’ordre universel enveloppe les ordres particuliers sans les supprimer; mais pour conclure et envelopper aussi, en les redressant au besoin, les réactions particulières, le chef de l’ordre, Dieu, aura le grand rôle! « Il faut considérer que celui qui vit en société est d’une certaine manière partie et membre de la société entière. Celui donc qui agit en bien ou en mal à l’égard d’un autre engagé dans la société atteint du même coup la société. Ainsi celui qui lèse la main lèse le corps. » « Quand donc quelqu'un agit en bien ou en mal à l'égard d’un particulier, sa responsabilité est double; car il mérite un retour premièrement du particulier qu'il aide ou offense, deuxièmement de la communauté entière. Que s’il oriente son acte directement en faveur à l'encontre du groupe, il lui est dû rétribution premièrement et principalement de la part du groupe, secondairement de la part de {ous les composants. Enfin si quelqu'un se lèse soi-même ou développe son bien propre, il lui est dû aussi rétribution en tant que cela
importe au bien commun, lui-même étant valeur
sociale. »
40. — Il faut remarquer que plus un corps social est organisé, moins l'individu a de raisons de se faire Justice lui-même ou de défendre le groupe de son autorité privée. À la limite, sous le gouvernement divin pris en sa généralité, il ne le doit plus du tout, si ce n’est par délégation. « À mot la vindicte ; à moi la rétribu-. tion », est-il dit au Deutéronome * |
De plus, à l’égard de la communauté elle-même, il
1'APHe,-0: LXXX VIL, art. 1.
2. Ja Ilæ, Q. XXI, art. 3 3. Deut., XXXII, 25. Cf. La Ile, Q. CVIIL, art. 1, arg. 1.
faut ob que plus elle est une, plus il appartient au
chef de la représenter. À la limite, toute unité relative se voyant enveloppée par l'unité on que Dieu lie,
la rétribution sera œuvre divine‘.
Enfin, il faut se souvenir que parmi les particuliers à
l'égard desquels l’action est possible, il y a le chef luimême. Quand ce chef est Dieu, fin suprême de toute l’activité créée, il y a sinon profit ou détriment, du moins honneurouinjure, venant deceluiquiagità son égard bien ou mal. Cela aussi appelle sanction, au nom de l’ordre éternel qui est le bien commun de tout l’être, et cette sanction doit venir de Celui qui n’a plus de supérieur, être ou groupe *.
11. — D’autres raisons encore contribuent à requérir la qualité divine des sanctions.
‘En effet, Dieu, en tant que fondement dernier de l’idéal moral et de l’obligation qu’il comporte; est appelé législateur. Or il appartient au législateur de défendre sa loi et de porter à son observation, puisque aussi bien ilne l’aétablie qu’à cause desutilités qu’elle présente. L’ayant ainsi établie, peut-il s’en désintéresser? Au lieu d’une loi, ne serait-ce qu'un vœu platonique; dont le Créateur regarderait d’un œil indifférent l’accomplissement ou la transgression ?
Or les sanctions assurées favorisent la loi. Cela dans le sujet même, que l'impunité corrompt et que l’indifférence décourage. Cela aussi dans le milieu humain,
en raison de la puissance de l’exemple et de la contagion du scandale.
Une crainte servile ne serait pas vertueuse par elle.
même; ni davantage une espérance égoïste. Saint Thomas cite et approuve ces, vers d’Horace :
1. KIT, Q. XXL art. 4, Jin; Cf. La Pars, Q. CIIF, art. 3. 2. IH Sené., Dist. I, Q. I, art. 2, ad 4; La ile, Q. XXI, art. 4, init.
Ste Oderunt pcoate Rai ne pœnae; ra Dir. : “ Fee à Oderunt peccare bonïi virtutis amore:" ant LEUR : Saint Auguslin avait dit de son côté : « Celui qui agit "3 uniquement en raison des récompenses et des peus 2 à peut encore faire le bien; il ne le fait pas bien. ? » :
. Maisrienn oblige l’agent moral à se rendre ainsi inférieur aux intentions providentielles. Si Dieu est son pédagogue, il est aussi son propre pédagogue avec Dieu. Son rôle est de considérer la crainte et l'espoir comme des moyens au service de sa raison, et de les relever -ainsi en les jetant dans le courant de la vie morale. D'ailleurs, il arrive que celui qui commence par la | crainte ou le désir égoïste, s’habituant ainsi à bien faire, fasse bien ensuite par une volonté vertueuse. Dans ce sens, il est dit que /a crainte du Seigneur est le commen- cement de la sagesse”.
À ce desideratum, les sanctions relatives mentionnées plus haut donnent une satisfaction telle quelle; mais puisqu'elles sont relatives, elles sont insuffisantes à procurer le bien qu’elles recherchent. Le méchant pouvant espérer détourner le coup des sanctions immédiates, et l’homme vertueux risquant d’être dupe, il pourrait arriver qu’en laissant d’un côté le découragement faire son œuvre, on favorisäât de l’autre d’odieux calculs. Conçoit-on que Celui qui peut porter à l'absolu cette relativité déficiente, puisse ne pas le vouloir ‘?
On peut présenter le même argument sous une autre forme, La volonté de l’homme est mue par son objet. Les biens et les maux l’attirent ou la repoussent. Or, ik a