‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 47 sur 440 · AQUIN · texte numérisé non relu

AQUIN

ÿ # n'a de raison d’être, à ses yeux, que l'octroi des biens et la fuite des maux qui menacent ou favorisent la vie humaine ; qui préparent ou entravent la destinée. Il estime donc qu’en retour, la bonté de l'effort moral

s'achève dans la réalisation qui la juge comme objet,

qui la reçoit et la satisfait comme terme. Un vouloir serait-il parfait, même en soi, s’il ne tendait, autant qu’il le peut, à poser l’acte? Probatio amoris exhibiho est operis, a dit Grégoire le Grand. C’est donc que la réalisation a du prix pour le vouloir, et qu’à la conquérir, il s’'achève*.

Il en est, si l’on veut, comme du point où la ligne se termine, bien qu'il ne fasse point partie de la ligne; comme du repos, qui n’est plus le mouvement, mais où le mouvement se conclut. Le cercle de la moralité, parti du bien ontologique, y retourne ; la volonté s’y étend ; le mérite s’y couronne, ce qui ne l'empêche pas de demeurer en lui-même, consistant proprement dans le vouloir.

A plus forte raison devra-t-on estimer le fait, si l’on songe qu'en raison des implications de la vie humaine, la moralité intérieure subit de mille façons les contrecoups du réel. En cours d’exécution, une foule d’événements psychologiques peuvent faire varier les données d’un problème moral, fournir des occasions, amorcer des habitudes, etc. Le réel extérieur n’est pas plus le moral que le corps n’est l’âme ; mais ainsi que les influences corporelles rejaillissent sur l'âme, les réalités extérieures, dont font partie d’ailleurs les états du corps, ont sur le moral une action constante.

À ce point de vue, agir au dehors confère infiniment au vouloir, et c'est très loin d’être la même chose de

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