Il+, Q. XXXIL, art. 2; In IV Sent., loc. cit., ad
2. Moral. LE IV, c. xxxvi, Saint Thomas attribue ce mot à saint Augustin, De Civ. Dei, où il ne se trouve point. Saint Thomas, I: Ile, Q.
XXXII, art. 4.
6. — Non seulement nos actions à nous, mais aussi les actions d'autrui peuvent nous être délectables. Elles peuvent d’abord nous procurer des biens dont nous jouirons. Elles peuvent aussi, comme s’il s’agit d'actions flatteuses, de louanges, nous faire prendre conscience de nos propres biens, surtout si la louange tombe de haut ; mais vint-elle de très bas et fût-elle même simulée, plus d’un s’y complaira quand même; car l’adulateur est un louangeur apparent, et Apparence est une réalité à sa manière.
L'amour ou l'admiration qu’on a pour nous sont cause de joie pour la même raison. On aime et l’on admire ce qui est grand, ce qui est bon : ces sentiments nous sont donc un témoignage d'excellence.
Enfin, les actions d'autrui, si ces actions sont bonnes et heureuses ; si autrui nous est ami, sont comme les nôtres mêmes et nous procurent une joie semblable. Si autrui nous est ennemi, il pourra arriver que ses actions mauvaises ou fâcheuses nous réjouissent, en tant que son bien nous est contraire ‘.
7. — Nos meilleures joies nous viennent encore de la bienfaisance. D’abord parce qu'il en résulte un bien dont nous nous réjouissons, ainsi que tout à l’heure, comme du nôtre, surtout s’il s’agit de nos amis. Ensuite, il en peut résulter des espérances fondées, comme si l’on attend de Dieu ou des hommes une récompense, et l’on sait que l’espérance cause la joie. De plus, celui qui fait le bien prend conscience par là de sa capacité de bien faire, de ses ressources et de son vouloir vertueux. C’est là un sentiment semblable à celui du père pour son fils, de l’artisan pour son œuvre. Bien faire en considération de quelqu'un, si ce quelqu'un est aimé, ajoute à ce genre de plaisir la joie de l’amour, qui est souverainement délectable.