‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 62 sur 440 · Ibid., art · texte numérisé non relu

Ibid., art

tation ; car il rend la possession plus précieuse. S'il ne l’est pas, il n’en est pas moïns, en lui-même, une possibilité de jouissance, en tant que l'espérance s’y joint et que l'espérance est comme une possession qui s’amorce.

C’est pour cela que toutes les choses étonnantes plaisent, et aussi les choses rares. Les représentations : tableaux, mimiques, pièces de théâtre, eussent-elles pour objet des choses déplaisantes ou douloureuses, font plaisir. C’est que l'esprit aime à comparer les pensées et les choses, les signes et les choses signifiées : là est son travail connaturel. C’est pour cela aussi que le fait d'échapper à un grand péril nous réjouit plus encore que ne le comporterait le bien qui en ressort, parce que cela est admirable.

Les savants, qui recherchent les causes, sont heureux doublement : heureux de ce qu'ils savent déjà et heureux de ce qu’ils cherchent. Le plaisir de savoir est en soi le plus grand, puisque le plaisir correspond au repos. Mais comme ïl a pour condition la conscience de ce repos dans un bien conquis, la recherche, sous ce rapport, peut devenir plus plaisante, procédant d’un désir plus grand, qui se fait éprouver davantage, du fait de l'ignorance ressentie. De là le plaisir des découvertes‘.

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