‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 64 sur 440 · Zbid., Q. XXXIIL art. 1, cum resp. ad · texte numérisé non relu

Zbid., Q. XXXIIL art. 1, cum resp. ad

qui soit au monde. Si maintenant la soif dont il est question est prise en un sens large, pour une adhésion

sans fatigue ni dégoût, alors, la formule discutée est . souverainement vraie des plaisirs spirituels. Les voluptés charnelles, quand elles croissent ou se multiplient, ou simplement quand elles durent, engendrent la satiété, parce qu'elles dépassent ce qui est appelé par la complexion ou la disposition actuelle du corps. C'est pourquoi on les repousse alors, ou l’on en cherche d’autres. Mais les joies spirituelles, qui nous poussent sans excès possible vers notre achèvement en perfection, ne peuvent pas fatiguer par elles-mêmes, ni aboutir au dégoût, si ce n’est en tant qu'elles utilisent les organes. Aussi l’Ecriture a-t-elle dit, parlant au nom de la Sagesse: Ceux qui me boivent auront encore soif (Eccli, XXIV, 29).

Enfin, s’il est question de la joie passée, dontonne fait que se souvenir, celle-ci tend par elle-même à éveiller le désir, si toutefois le sujet est de nouveau dans la disposition où il était au moment de la jouissance. S'il a changé, ses désirs changent aussi, et la mémoire d'une joie qui ne lui convient plus lui est nécessairement fastidieuse : ainsi le souvenir des mets pour un homme repu*.

3. — Les rapports du plaisir avec la raison ne prêtent pas à de grandes complexités. Aristote les a résumés d’un mot: « Les délectations propres aux actes, dit-il, les accroissent ; les délectations étrangères les empèêchent?. »

On a dit que toute fonction normale est liée, comme telle, à un plaisir. Ce plaisir est pour elle un achèvement, ainsi qu’on va le montrer tout à l'heure. Il serait

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