A E. — LE PLAISIR ET LE BIEN
1. Le plaisir achèvement des fonctions. — 2. La spécification des
plaisirs. — 3. L’objection de Kant. — 4. La spécification morale des plaisirs. — 5. L’hédonisme et le rigorisme. — 6. Les
= ‘raisons de l’hédonisme. — 7. Les tenants de l’hédonisme. — 8. Erreur de l’hédonisme. — 9. Le sentiment commun contre l’hédonisme. — 10. L’hédonisme est une morale sans objet. — 11. Les rigoristes. — 12. Fausse prudence du rigorisme. — 13. Les raisons du rigorisme. — 14. Le vice d’insensibilité. — 15. Le Ds juge du bien. — 16. Le plaisir qui est souverain bien. —
. L'erreur de Kant.
il est temps d'expliquer en quel sens on disait que le
loir.
2. I8 1læ, 9, XXXIIT art. 3; In IV. Senc., Dist. XLIX, 9. IL, art. 5,
QaI.
raison de en Hide. Premièrement en nous
4. Cf. Saint Thomas ane t. AH, p. 237. La Détermination du vou-
plaisir est pour nos fonctions un achèvement naturel, qui contribue à les parfaire, Cette considération est de toute importance. Elle établit le passage entre l'étude psychologique. du plaisir et son étude morale. Elle permet de répondre aux préoccupations qui ont donné lieu aux morales du plaisir.
Le bien a été reconnu, ontologiquement parlant, sous trois formes. Il y à l’honnéte, c'est-à-dire ce qui vaut par soi, ce qui convient à l’égard de chaque être; il y a le délectable, qui en dépend et qui vaut aussi par soi ; il y a enfin l’ufile, qui vaut parce qu'il procure l’honnête ou le délectable‘.
De ce dernier, puisqu'il n’a point valeur par luimême, il n'y a rien à dire de fondamental. Aussi les morales .de l’utile devraient-elles dire à quoi leur utile est utile; on pourrait alors les discuter, ayant saisi leur norme première. Tant qu’elles parlent d'utilité sans marquer de but précis, elles sont ad libitum, et échappent à toute critique.
En fait, les morales utilitaires sous-entendent généralement l’hédonisme. Elles le compliquent de préoccupations sociales et ne se défendent pas d'emprunter aux morales du bien ; mais sans cohérence, selon des vues purement empiriques. Leur cas est donc complexe, et il sera jugé, au point de vue thomiste, par ce qui va suivre.
4. — Ce qui convient à chaque être (honestum), c’est sa propre activité, en y comprenant, bien entendu, ses objets : l’activité n’est pas à vide.
Ce qui plaît à chaque être (delectabile), que sera-ce ? Sera-ce la même chose, sera-ce autre chose ?
A regarder au détail, la réponse serait évidemment très confuse ; mais à juger en général, on doit dire que les fonctions propres à chaque être sont la source de