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41. — Mais à l'inverse, les rigoristes, ceux qui, partisans d'un désintéressement prétendu, entendent se donner au bien en dédaignant les joies qu’il procure, versent dans un autre excès et se contredisent euxmêmes. :
Le plaisir, lui aussi, est un bien, quoique sous la dépendance de l’autre. Le plaisir est une fin, quoique non à lui tout seul, séparé de ce qui lui donne sa raison et ses caractères. On ne demande pas à quelqu'un pourquoi il veut avoir du plaisir, de même qn’on ne lui demande point — à plus forte raison il est vrai — pourquoi il veut avoir les vrais biens, ne procurassent-ils point de plaisir. De ces trois ordres de bien : l’honnéte, le délectable, V'utile, V'utile seul implique une finalité ultérieure. « Comme donc le bien est désiré pour luimême, ainsi la délectation est désirée pour elle-même et non pour autre chose, si le mot pour désigne une cause finale. » ‘
La raison en est que l'idée du bien se confond avec celle de la perfection ou de l'achèvement de chaque chose. Or, la perfection de l’être doué de sentiment, s’il est envisagé en tant que tel, c’est de sentir. Sentir étant une perfection, est donc un bien, et il n’en faut pas croire ceux qui en ont fait un mal.
42. — Il est bien vrai que ce n’est pas toujours doctrinalement, qu’on s’est exprimé de la sorte. Certains ont cru prudent, voyant les hommes trop enclins au plaisir, de le dénigrer tout à fait, afin que des deux tendances extrèmes il résultât une moyenne utile. Mais c'était un mauvais calcul. Car ceux qui parlent ainsi contre tout plaisir n’en prennent pas moins, et nécessairement, du plaisir, et comme la foule est portée à croire bien davantage à ce quelle voit faire qu’à ce qu’elle entend dire, ces prédicateurs imprudents ont annulé eux-mêmes