‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 82 sur 440 · Ibid., ad · texte numérisé non relu

Ibid., ad

Ce qu’on à dit du caractère ut ‘de! notre pe

* d'attention s'applique évidemment au plaisir comme à

la souffrance, et leurs effets pourront ainsi se rencontrer ; mais la souffrance absorbe davantage, car elle est une menace, et toute menace excite en nous l'appétit de vivre‘

Parmi les souffrances, la plus préoccupante pour l’organisme, bien qu’elle soit moindre absolument parlant, c’est la douleur sensible. Aussi empêchera-t-elle plus que l’autre l'effort de l'esprit, qui a besoin du concours

et de la paix de tous nos pouvoirs internes *.

2. — On attribuait plus haut à la joie la dilatation de l’âme, comme on attribue à l’amour la ferveur. Ce sont là des métaphores fondées sur la similitude relative des phénomènes matériels et des phénomènes spirituels. De même on attribue à la souffrance, etsurtout à la tristesse, une certaine constriction, une certaine aggravation qui immobilise l’âme à l’égard des actions vitales favorables et des biens qu’elles recherchent. Si Le mal envahissant est tel qu’il laisse à l’âme l'espoir de le vaincre, l’aggravation ne va pas jusqu’à abolir toute lutte ; ilse pourra au contraire qu'elle lastimule, comme lorsquelepécheur, fort de son espoir en Dieu et attristé de ses offenses, se redresse ; mais sile mal vient au maximum, l’âme en est médusée; elle ne trouve d’issue d'aucun côté, et il arrive que la motricité corporelle elle-même soit liée, de telle sorte que l’homme demeure comme figé et comme cloué sur place, stupide.

St

3. — La tristesse à un certain degré a toujours été considérée comme un ennemi de la vie, même physique. « Un esprit joyeux donne un dge florissant, dit le Pro-

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