‹ La philosophie morale de saint Thomas d'AquinChapitre 88 sur 440 · Ibid., art · texte numérisé non relu

Ibid., art

2. Ia Ile, Q. XXXIKX, art. 1, arg. Sed contra. 3. Cf. supra, p. 99.

# car si rien de bin ne diner dans

n'y aurait aucune douleur dans la peine d’un bien ee

perdu. »

Or, comme la moralité est relative non à l’en-soi, comme la pensée métaphysique ; mais à l’action, et par conséquent aux cas singuliers dans leur réalité effective, il faut dire, employant le discours moral, que ce qui est bon dans une supposition réalisée est bon tout court, comme on a dit que ce qui est volontaire dans une supposition réalisée est volontaire tout court, bien qu'involontaire peut-être envisagé en soi-même.

Quand donc on trouve dans la bouche des penseurs cette affirmation que toute souffrance est un mal, que tout le monde, et à bon droit, fuit la tristesse, etc. il faut comprendre qu’on en parle quant au mal qui pro- voque la douleur, non quant au sentiment de ce mal là où il existe, ni quant au mouvement de répudiation impliqué dans la souffrance même. On ne peut pas vouloir dire que sentir et répudier le mal, quand il existe, ce soit un mal nouveau.

Au contraire, être triste, quand l’occasion est triste, c’est un bien et le signe d’un bien : à savoir d’un juge- . ment droit et d’un cœur en place. De même, souffrir

d’une lésion corporelle, c’est le signe d’un organisme sain et le point de départ de réactions utiles*.

3. — Cela suffit à prouver que, sous certaines conditions, la tristesse a sa place dans la catégorie de l’honnéte. Les stoïciens l’ontnié ; mais on sait que leur théorie des passions fut des plus fautives. Non seulement ils n’accordaient pas que la tristesse pût être vertueuse : ils prétendaient prouver qu'elle est incompatible avec la vertu. La tristesse, disaient-ils, est relative au mal. Or il n'y a d'autre mal pour l’homme que l'absence de vertu.

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