I. — LA LOI MORALE EN GÉNÉRAL
1. Comment s’amorce cette étude. — 2. L'idée générale de Loi. — 3. Le point de vue positiviste et le point de vue thomiste. — 4. L’Obligation, propriété de la loi morale. — 5. Origine de lobligation morale. Le point de vue kantien. — 6. L'obligation morale et l'autonomie. — 7. Saint Thomas et les Grecs.
4. — On a donc défini ce que c’est que le moral. On y a distingué le bien et le mal, montrant où ils s’originent, où ils s’incarnent, jusqu'où ils s'étendent. Et de même qu'on a identifié le moral au volontaire, ainsi l’on a identifié, au nom du volontaire même, le bien au rationnel ; le mal à l’irrationnel. Comme en effet la volonté est un appétit, c’est-à-dire une tendance vers une fin, qui est ici la fin de l’homme ; comme c’est un appétit rationnel, en ce qu’elle tend vers la fin humaine sous la lumière de la raison, il est évident que la volonté bonne, donc la moralité bonne, est celle qui est conforme à la raison éclairant la fin dernière, et que la volonté mauvaise, donc la moralité perverse ou immoralité, est celle qui se refuse à la fin en se refusant à la raison qui en a la charge.
Or cette dictée de la raison prend le nom de /o4. D'où la nécessité d’éclaircir cette notion, pour mieux juger de l’action morale.