‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 102 sur 188 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

OÙ a été produit le son, se propage de proche en proche en une sphère grandissante; au-delà d'une certaine distance nous n'entendons plus, il est vrai, le bruit, mais nous savons bien que l'onde n'est pas éteinte, elle s'est affaiblie en se disséminant et nous ne la pouvons plus percevoir; ou bien aussi, se heurtant à d'autres ondes, elle a subi des transformations qui la rendent méconnaissable à nos sens. Suivons maintenant par la pensée la marche inverse en nous imaginant un fait quelconque. Ce fait appartient nécessairement à un ou plusieurs foyers qui en sont les points de départ, et s'il émane d'une individualité telle que la nôtre, cette individualité en est dite la cause responsable. On demande : « Qui a ffiit cela ? » .le réponds : « C'est moi. » Je suis le répondant, et, que je le veuille ou non, éternellement responsable.

La responsabilité est la relation de cause à effet appliquée à notre propre individualité.

L'esprit prévenu aura sans doute quelque difficulté à accepter d'emblée l'assimilation de la responsabilité individuelle à la plus banale de toutes les lois

d'observation physique. Mais tout le monde, sans cesse et sans le vouloir, me donne raison. Voici par exemple une mère qui a grondé son enfant, le rendant responsable d'un bris de vaisselle. Or il se trouve que ce n'est pas l'enfant, mais un tremblement de terre qui en est responsable. La responsabilité, nous le voyons bien, s'attache à la relation de cause a effet.

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