‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 110 sur 188 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

lités que nous sommes, nous ne pouvons faire que nous nesoyons des membres de l'individualité supérieure à laquelle nous appartenons comme les doigts appartiennent à la main et les mains au corps. Lorsqu'il nous arrive de contrarier la marche générale vers l'équilibre, «lui est le bien social, nous combattons notre propre équilibre dont le sort est subordonné au premier. A quoi servirait, je le demande, que l'une de nos deux mains, réservât pour

elle l'eau et le savon qui la doivent laver, et en priviU l'autre ?Momentanément appropriée, ne seraitelle pas tôt condamnée aux contacts salissants de sa congénère, et la propreté ou le bien des parties n'est-il pas solidaire de la propreté et du bien de l'ensemble? En fait, nous le savons, les besoin^ individuels sont en lutte incessante, comme les petites vagues s'entrecîioquent à la surface et n'en contribuent pas moins à la grande poussée dont elle sont une partie. Ainsi fc veut la vie sociale, faite du choc des individus, comme la vie individuelle du choc des émotions, et la vie en général du choc des forces.

Mais ij est un fait aussi, c'est que le sentiment de plaisir individuel vient à primer tous les autres, quand il s'attache à l'accomplissement du devoir, c'est-àdire d'un acte imposé par les caractères généraux de notre individualité, fiît-il contraire à notre bien personnel. Ce sentiment domine de plus en plus les actes individuels à mesure que se multiplient les relations sociales. Il commence à apparaître lié aux

crconstances étroites de la famille. II n'est pas rare de le rencontrer chez les animaux comme au seuil de 1 humanité dans les exemples fn.ppants du dévouement maternel allant jusqu'à l'abnégation II cro.t ensuite avec les progrès et le culte de la sociabilité pour devenir la suprême félicité des martyrs Le bien porte donc en lui-même sa force impulsive comme le plateau de la balance entraîné vers la position d équilibre. Nul besoin n'est de lui chercher d'autres mobiles que le sentiment de plaisir dont nous parlons. Lui promettre des récompenses, c'est en avilir le prix, qu'on les forse des voluptés et des gloires d'un paradis imaginaire ou des colilichets de la vanité présente.

Kn résumé, poursuivre l'équilibre social où le bien est l'objectif naturel de la société entraînée parles principes de la religion, cest-à-dire par les principes de 1 harmonie sociale.

Tout acte social accompli en dépit de l'équité est mauvais. Il a pour résultat le mal ou inéquitibre social Mais l'inéquilibre est le 'préliminaire de toute vie, qu'elle soit matérielle, individuelle humaine ou sociale. Il n'est donc de bien sans mal, pas plus qu'il n'est de plaisir qui ne suppose la dou- * leur, m de lumière sans ombre. Il est faux de prétendre à l'existence d'un âge d'or à l'aurore des temps. Effort de tendance contraire, le bien succède au mal. Ainsi le veut la réalité conforme à la poétique fiction du péché originel, qui va traînant après lui en incessantes ondulations la marche de retour

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