‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 111 sur 188 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

vers réquilibre, et, constante attirance, appelle la chanté sous la figure d'un rédempteur. Matrice et premier élément de vie, éternel et fondamental, le mal se confond avec le principe d'inéquilibre qui est à l'origine. C'est ainsi que les légendes ont fait du mal et du bien, du bien et du mal, une dualité primordiale ou de préoccupation divine. Le mal est une nécessité vitale dont il faut priser la vertu efficiente. On rémascule à le donner en lot exceptionnel à notre humanité oublieuse qu'à Bethléem, voilà dix-neuf siècles, le remords héréditaire s'est évanoui. La Nature est en mal incurable d'équilibre. Le mal est naturel.

De même que le bien porte en lui une force propre impulsive, le mal également possède une force propre, répulsive : la douleur du mal accompli ou sentiment de peine. Faisant son devoir, la société répare les torts; elle redresse et corrige les fauteurs de désordre. Mais elle sort de son devoir en infligeant des punitions gratuites, sortes de vengeances, qui dénaturent le sentiment naturel de peine et l'avilissent. Pas plus que les récompenses, les punitions n'appartiennent à la religion qui, tout au contraire, proche miséricorde. La société réprouve les supplices, exercices inutiles, exemples malfaisants. Kllc utilise le malfaiteur. Elle l'éduque en même temps. Empruntant à la pédagogie ses principes, elle le confie à PonocraU'S disciplineur de travail et maître dehonsmsiEudmon). Ponocrates élimine les criminalistes après les gardes-chiourmes, comme il

délivra Gargantua des brutes et des sophistes, ses premiers maîtres. Préalablement purgé canoniquement, c'est-à-dire mis en point de santé, le détenu est soumis au traitement d'un exercice rythmé progressif. Des simples occupations de force appelées à remplir la cadence des repas et du sommeil, on passe, par degrés variés suivant les facultés de chacun, à des tâches plus complexes et plus intellectualisées. Jusqu'à correction entière et dûment confirmée Car il n'est pas d'homme, s'il n'est en activité de folie, qui ne puisse être domestiqué, ni finalement humanisé.

Immortalité. Foi.

Nous l'avons vu, la responsabilité attachée aux actes est éternelle. Rien ne peut être par nous pensé ni fait qui ne soit une évolution de force et ne se répercute en ondulations progressives, faisant de chacun l'infinie nébuleuse dont notre vie présente occupe le centre. « Il n'est pas dans l'univers une action, un mouvement qui, de proche en proche, ne coopère à la croissance d'une mousse, et les mondes, après avoirparcouru, comme elle, les phases de leur développement, se décomposent comme elle, nourriture préparée pour d'autres mondes» (Lamennais). C'est une vie personnelle éternelle que celle dont les effets sans fin sont éternellement attribuables à la personnalité présente ou passée qui les a accom-

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