LIVRE II
fécondités de la tache accomplie. Elle n'est pas derrière au camp des âmes éteintes; elle est devant au champ de l'action. La science substitue au dogme de la résurrection celui de la non discontinuité et pérennité de l'être, quelle démontre par les ininterrompues relations de Tinépuisable vie.G'est là sa manière d'affirmer le principe de l'immortalité. A l'immortalité de l'âme, aux imaginatives matérialisations de la vie future, la science répond par Vimmortalité des actes. Principe fécond entre tous, fondement de toute morale, puisqu'il implique celui de la responsabilité attachée aux actions des hommes.
Ici j'entends le cri de pitié des malheureux accrochés à l'espoir de revivre personnellement d'une vie meilleure, et celui des fidèles attachés aux chers disparus par la foi en un revoir final. Tout cela ne serait qu'illusions, chimères, manières de langage? Eh oui, il ne peut être autrement, et Ion ne
saurait voir en ces croyances autre chose que les poétiques matérialisations de vérités morales. Matérialisations excusables si réellement elles consolaient, saintes supercheries si la vérité seule n'était sainte. La consolation réside dans la piété du souvenir appliqué à l'enseignement journalier, dans la consécration du présent aux nécessités de demain, l'oubli de soi au bénéfice des autres. Frères, amis' prêtres, tout le monde le sait pour l'avoir éprouvé, la mémoire du passé et I^ devoir présent fournissent les paroles réellement, effectivement consolatrices. Le reste, douces harmonies, musique pour
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DEUXIKMK PARTIE
bercer et endormir la douleur, faiblesses indignes du croyant.
Le croyant secourt le faible contre les entraînements de la foule. 11 soutient les principes individuels, familiaux, nationaux, d'où procèd(> l'idée de Patrie, initiatrice elle-même de l'idée d'bumanité. 11 a la foi en soi, sans laquelle il n'est pas de connaissance. La conscionce, son guide, poursuit l'entente dans TEa:lise des hommes
Le sceptique, au contraire, avide de corroborer, dit-il. les efforts de sa génération, hurle avec les loups. Un bonïmc est-il à terre, il crie haro, hélant la tourbe pour l'écraser, l'n principe tombe-t il. il le déclare pourriture et le veut noyer d'immondices. Les préjugés font-ils rage, il les arbore principes et les ose, traîtreusement décorés du nom de patrie, jeter en défi à l'humanité. L'obédience, son guide, plante l'étendard de la guerre au faîte de son église.
Croyants, penseurs libres de toute obédience, je vous adjure de considérer que la religion, refuge de tous principes, génératrice de tous dévouements, source et fondement de toute vie commune, application aux relations sociales de l'universel et fondamental principe de Téquilibre et de l'inéquilibre entre les éléments, lien des consciences, jamais fermée à l'accès de la vérité, religion ouverte, au lieu d'être cette chose fermée qu'on appelle une confession, en un mot la religion, est une, bien que variable on ses évolutions suivant les milieux et les