LIVRE II
^•àge parabolique, mais assez clairement je pense. Leur explication est simple, la voici :
Le libéralisme obéit au seul principe de liberté individuelle, alors que, nous l'avons reconnu, il y a dans le mécanisme social,*^ côté des principes individuels, des principes harmoniques et parmi eux celui de l'équité. 11 manque au libéralisme le respect de l'équité.
Mais nous avons confondu en une même définition le libéralisme et l'évolutionnisme. Il nous reste à faire la critique de celui-ci dans son propre domaine.
Critique de V évohdionnisme .
Notre nature terrestre s'épanouit en une belle floraison qui a débuté voici nombre de milliers d'ans ; nous en avons la preuve dans les débris des périodes passées qui se sont superposés à la surface du globe en couches successives. Le nom d'évolution a été appliqué à ce fait, qu'on ne saurait contredire, et qui peut être défini le phénomène de continuelle transformation de la nature aux dépens d'ellemême. Mais derrière le fait, il s'est abrité sous le nom d'évolutionnisme une application que nous avons déjà indiquée et qui est le corollaire de la théorie libérale. Le champ libre de la nature devant eux, les individus se ruent à la curée se bousculant et s'écrasant les uns les autres; la proie est aux plus
forts, ceux-là seuls survivent et font souche ; et ainsi de sélection en sélection le globe se peuple de sujets de plus en plus puissants. Cette théorie est celle de la soi-disant sélection naturelle, qui serait plus exactement appelée celle de l'exclusive autosélection.
Cette théorie spécieuse est contraire à la vérité. Pour le prouver j'en reviens d'abord aux associations cellulaires formant le corps des individus, dont l'exemple est plein d'enseignement. Nous savons que les premiers débuts d'un embryon sont faits de cellules identiques etque, petit à petit seulement, à mesure que le germe grandit, il se fait entre les cellules, suivant leur poste dans la colonie, à la surface ou au centre, des différenciations et des adaptations. L'une devient épidémie protecteur; une autre, glande digestive ; une troisième, muscle et une autre enfin nerf. Voyons-nous qu'il y ait lutte meurtrière entre les cellules pour en arriver là ? et ne reconnaissons-nous pas plutôt une remarquable entente en ceci que chacune continue à vivre dans les conditions spéciales qui lui sont faites et à s'y multiplier fructueusement. 11 en est de même pour les relations entre les individus, ainsi que l'a fort bien compris Laniarck dans sa théorie de Vadaptation.
Opposant au mécanisme de V autosélection celui de la modification des êtres par l'influence du milieu, sorte de sélection imposée ou hétérosé/ection, je pense que tous deux ont une part égale dans ce que l'on appelle l'évolution.
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