‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 143 sur 188 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

dre : « Ce que l'on niesure en eux n'est pas euxmêmes, mais toujours et quoi qu'on fasse, la tension, le temps et l'espace de quelque chose, qui est une force en mouvement. » On a noté cela de toute ancienneté pour le temps et l'espace, et l'exposé s'en trouve en germe dans Aristote. Descartes le formule dans l'expression où il fait du temps et de l'espace les (( modes » inséparables'des choses; Leibnilz, lorsqu'il dit de l'espace qu'il est un « ordre des coexistences » et du temps un « ordre des successions» ; Kant, en disant de l'espace qu'il « n'est pas un objet réel qui puisse être perçu extérieurement, ni rien de corrélatif aux phénomènes, mais la forme môme des phénomènes ». Ce n'est là du reste pour Kant qu'un prétexte au développement de sa maîtresse, mais, au point de vue naturaliste, non moins absurde antinomie : l'espace vide. Si l'auteur avait eu quelque logique, n'en déplaise au criticien de la raison pure et de la raison pratique, il eût évité le rapprochement de ces deux termes. En vertu même de son dire, ils ne sauraient être physiquement accouplés, puisque dans le vide, là où il n'y a rien, il manque certainement de cette forme, de ce mode ou mouvement de quelque chose qui est l'espace. J'entends ici critiquer à mon point de vue et suis indifférent au reproche qui pourrait m'être adressé d'interpréter faussement, en transposant dans mon langage de physicien, les fictions du monde nouménal. Je comprends que l'on appelle d'une raison mal informée à une raison mieux informée. Mais opposer péremp-

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