‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 152 sur 188 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

une objection vaine. La chaleur, la lumière, l'électricité, la pression sont notoirement insensibles à la pesanteur. Alors, pourquoi vouloir qu'elles apportent dans la combinaison une qualité qui ne leur appartient pas i On ne donne que ce que l'on a. D'autre part, ce n'est point une raison parce qu'on manque d'une vertu de la refuser aux autres. Les modalités des forces ont toutes des propriétés particulières. On ne dit pas de la chaleur qu'elle soit à retrancher de leur nombre parce que seule elle est chaude. De mrme on ne saurait dire de la modalité pesante qu'elle doive en (Hre exclue parce que seule elle est pesante.

Mais j'entends répliquer : i Tout cela est pure discussion de mots .... Non. En opposant la matière aux forces, on entend communément reconnaître en la première une entité indissoluble. Tandis que, pour nous, elle est un phénomène complexe finalelement réductible en les éléments communs : le temps, l'espace, la tension.

Ainsi du reste, ou à peu près, semblent avoir jugé déjà six cents ans avant notre ère Thaïes, Anaximandre, Anaximène, les physiciens de xMilet et aussi Heraclite d'Ephèse, lorsqu'ils ont présenté les corps comme une alternance de feu: ttvoo; -oott^. Incontesble puissance de l'œuvre grecque de fournir leurs principes à toutes les renaissances de l'esprit humain !

Page 1