LIVRE I
il'.
Il me paraît infiniment probable qu'une relation de proportionnalité étroite doive exister entre le poids atomique et le nombre des unités synergiques C AE étouffées dans la combinaison primitive d'un
corps simple.
Si cela est exact, les poids atomiques seront liés entre eux par les relations simples de nombres entiers. Or telle est à peu près la réalité, ainsi que l'établissent les calculs qui ont servi de base à la classification nouvelle d'après Mendeléefd;. Consacrée parla découverte decorps, tel l'Argon, dont l'existence ignorée avait été prévue par une place restée vide dans l'échelle, eUe en laisse quelques-uns seulement hors du rang. Il semble qu'il ne manque plus pour les y faire entrer que d'avoir déterminé plus exactement les éléments complets de la pesée. Ou bien aussi l'on peut supposer l'hydrogène être déjà par lui-môme un corps composé, fait de deux, quatre ou huit unités, ce qui expliquerait, dans une échelle ayant son poids pour base, l'apparition de moitiés, quarts et huitièmes d'unités.
Une relation étroite relie donc le degré de complexité des unités synergiques et leur poids. 11 en découle, première déduction importante, que les corps simples sont en réalité des combinaisons déjà bien complexes. Elles peuvent atteindre jusqu'à 240 unités, poids atomique le plus élevé jusqu'ici constaté, celui de l'Uranium. Notons avec M. Henri
(i) Memlèlêef. Principes de cliimie. Paris 1875.
Astie qu. m'en a fait la remarque (1), cette autre déduction : Une atomicité déjà élevée étant constatée pour des atomes légers (IV pour le carbonne dont le poids égale 13, V pour l'azote dont le poids égale 14) nulle proportionnalité ne peut exister entre le nombre des unités synergiques C A E enfermées dans une combinaison et son énergie sommaire ou atomicité La synergie se répète au contraire périodiquement et suivant un ordre régulier dans réehelle des poids atomiques ; elle est, Wendéléef la montré, une fonction Veyiodtque des poids atomatiques et cela na rien que de conforme au postulat de notre exposé.
Evolutions des corps
Dissovmlion et combinaison
Deux ou plusieurs corps dits simples (voir cidessus leur détlnitionj étant mis en présence, conservent chacun pour l'ordinaire leur équilibre naturel. Ils ne sont pas apparemment modifiés par leur rapprochement.
Mais, par les particularités des circonstances ambiantes de chaleur, d'électricité, que lun des corps
(1) Soc. Vaudoile des Se. Nalurelles. Dec. I89i.
TKOISIKMK PARTIE
se trouve ébranlé dans sa stabilité matérielle, il en résulte leur partielle désagrégation ou dissocia/ion Libres de leurs précédentes attaches, leurs éléments mélangés tendent à s'équilibrer de façon appropriée aux circonstances nouvelles. 11 en résulte la formation d'un corps nouveau aux dépens des deux premiers, corps plus complexe appelé corps k composé » fruit de ce que l'on appelle leur combinaison.
Si Ton mélan^-e des corps ainsi composés et qu'on les place à leur tour par réchauffement ou l'électrisation dans des circonstances d'instabilité propres à leur dissociation, ils tendent également à un nouvel équilibre. Deux cas se présentent. Ou bien le groupement se fait autour d'un foyer unique et donne lieu à la formation d'un seul composé. Ou bien le o;roupement se fait autour de plusieurs foyers et donne lieu à la formation de composés multiples.
Mais, nous l'avons vu, nulle manifestation de vie n'existe qui ne soit un échange en partie double, une double décomposition suivie de double composition. Celte règle ressort bien si l'on considère à côté des exclusives apparences matérielles les déplacements caloriques, électriques et autres qui accompagnent ces réactions chimiques. Les nécessités du nouvel équilibre qui va s'cffectuant, entre les éléments priménergiques des corps en voie de dissociation et de combinaison, donne lieu à des accaparements et des déperdions de toutes sortes : déplacements et changements matériels, phénomènes caloriiiques, phénomènes électriques, phénomènes