LIVRE II
obéissant spontanément aux signaux les plus variés pour hâter sa marche ou la ralentir,raviver et la faire reculer, la changer de voie enfin, et même, si l'on veut, l'envoyer puiser automatiquement sa nourriture en vivres et liquides aux réservoirs ménao-és à portée de la voie.
Qui donc pourrait s'opposer à ce que pareille machine fût appelée un être pensant ?
Pensée limitée sans contredit aux données de sa construction — point dilférente en cela de la pensée humaine,douéede mécanismes multipliés à millions — mais non moins « moralement » (voir p. 170 la signification exacte de ce mot) limitée aax facilités de son organisme.
Et si réellement c'est là un être pensant, voici bien comprise cette vérité : que la vie psychique n'est point liée à une force déterminée. Jeu électri- <jue dans notre organisation, elle anime tout fover de force quelconque.
Pensée : le foyer urbain, distributeur d'électricité et de toutes autres forces par transformation; doué de la seule sensation mécanique (le toucher) par les clefs de contact qui servent à établir ou à rompre le courant; sourd, aveugle, dépourvu de goûtet d'odorat; mais animé de locomotion, de voix et delumière, si ce foyer sert à mouvoir, à sonner et à éclairer.
Pensée : le foyer mécanique d'un navire distributeur de sa propre force motrice pour actionner la marche et la direction du bâtiment, puiser leau dont il a besoin, rejetei' celle qui a servi; par transforma-