LIVRE II
n'existe qui ne lui appartienne et ne soit une de ses manifestations.
C'est le cri de victoire delà pensée triomphante.
C'est la découverte à travers les ondulations de la vie du céleste sommet d'où Ton aperçoit et domine l'Univers.
Et c'est l'héritage sacré, précieusement conservé d'âge en âge, par lequel le père rappelle aux enfants qu'il est par delà les soucis du présent monde une source intarissable de pure jouissance intellectuelle où la pensée se peut à satiété désaltérer.
Considérer la pensée comme appartenant au commun domaine naturel a pu froisser des esprits généreux. La générosité est, pour quelques-uns liée à l'idée contraire. Ils ont appris une physique faite de calculs et de nécessités, et l'opposent aux élans désintéressés des esprits supérieurs. Mais ces élans ne sont-ils pas eux-mêmes des iruits de Nature, et faut-il pour les apprécier justement qu'ils soient d'essence étrange? J'ai l'opinion opposée. Je sais le désintéressement, la bonté être des produits d'harmonie, l'harmonie être un phénomène naturel, et, les sachant tels, je leur trouve plus de chance d'être amoureusement cultivés.
Toute chose vraiment bonne est de philosophie naturelle. Un seul et même filet enserre en ses mailles les communes vérités morales. Difl'érentes par l'habit ou par l'étiquette dont on les revêt, difl'érentes comme le temple difl'ère des menhirs par l'épanouissement des formes et par la profondeur du senti-