LIVRE I
d'une manière également durable pour assurer l'imitation suivie de ses actes.
Le mot instruction qui signifie en réalité Vaction do bâtir à Vinlêrieur est heureusement choisi comme les précédents. La mémoire, ou polarisation (1), étant faite de la fixation matérielle des courants nerveux, c'est bien en réalité une bâtisse^ que, semblable au maçon, l'instructeur va construisant dans le cerveau
de l'instruit.
Il y a la mémoire des sentiments initiés qui nous enrichit de sentiments accumulés de toutes sortes. Il y a la mémoire des actes imités qui nous rend habiles à exprimer nos sentiments, riches d'expressions. Cette richesse s'acquiert par l'expérience. L'instruction consiste à proToquer l'expérience et à la diriger fructueusement. 11 y a enfin les réflexes difl'érés, actes de la raison et de la volonté, traces effectives d'impressions antérieures fixées par le souvenir personnel ou hérité, qu'un rien, une allusiun, une banale association d'idées suffit à mettre en jeu. Richesse suprême, bénéfice de l'existence qui nous fait chaque jour plus habiles et plus forts dans notre propre intérêt comme dans celui des autres, les réflexes différés, la mémoire en général et ses
filles la raison et la volonté, sont le fruit de Tins-
truction.
Les péd.iij;ogues modernes ont réinventé sous le
(1) Voir Psjjchologie naturelle, p. 23'2.
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