LIVRE I
dans le discours. On représentait la partie pour le tout, la cause pour l'effet, rinstrunient pour louvrage produit, lattribut pour I,. chose même Ce qu une .mage matérielle n'aurait pu produire, les •dees abstraites ou les actes impossibles à exprimer d.rectement. on le rendait au moyen de ligures qui en suggéraient la notion par voie de comparaison ou d analogie. Ainsi un homme à genoux, les mainslevées exprime l'idée d'adoration ; une lampe au plafond, ou une étoile au ciel, l'idée de nuit ou d'obscunte. Deux bras humains dont l'un tient un bouclier et l'autre une sorte de hache d'arme rendent 'deede combat. Un vautour traduit l'idée de maern.te parce que, paraît-il, les Egyptiens du temps des Pharaons supposaient que cette espèce d'oiseau ne renfenne que des femelles; un scarabée, celle de patern.té, parce qu'ils le supposaient toujours mAle L Idée de lils est rattachée à li.m.ge d'une oie, parce quel oieduMI passait pour un modèle de piété filiale L Idée de Dieu est ligurée par un épervier sur un percher p,.rce que l'épervier était tenu pour l'emblème dusoled, e dieu par excellence. Ainsi naquit uneécriture symbolique nommée /«V,vo,//yM/y««(.-o,,-== sacré yXvy... graver; parce que, art difticile et parfois même un secret, elle était exclusivement entre les ma.ns des personnages sacrés, prêtres, magiciens ou sorc.ers. Entrée dans l'usage journalier, elle fut ensuite progressivement abrégée et réduite à de
simples signes rappelant de loin les anciens hicroglyphes et donnant lien à ce que les égyptologues
ont appelé l'écriture « hiératique », et enfin l'écriture démotique des derniers Pharaons.
Le tatouage, de la peau humaine est une écriture de ce genre. On lit sur le corps du sauvage sa biographie, ses exploits, parfois, même les obligations qu'il a contractées. (N'a-t-on pas pendant longtemps écrit en quelques lettres, au fer chaud, sur l'épaule du criminel, l'histoire abrégée de son crime ?) Aussi certains auteurs en traitant de l'écriture consacrent de longs développements au tatouage.
Ecrilure phonograpkique : Les signes de -celte écriture perfectionnée s'attachent à la seule figuralion des sons dont est composée la parole. Ces éléments étant de nombre restreint, il est devenu facile de traduire en signes conventionnels la parole ellemême avec ses nuances les plus délicates, et par elle de fixer plastiquement toutes les nuances de la pensée.
C'est un chapitre de psychologie très intéressant que l'histoire de l'écriture phonographique. En voici l'aperçu :
Inspirés parle besoin d'abréger l'écriture, certains peuples ont choisi les idéogrammes des mots monosyllabiques pour en composer les mots polysyllabiques à la manière dont on écrit les rébus. Ainsi les anciens Mexicains, pour écrire le nom de |eur roi Itzcoatl, dessinaient des flèches à pointe
d'obsidienne» pierre qui se disait dans leur idiome ilzii. et à l'entotir la figure d'un serpent qu'ils appe-