LIVRE I
lions îi la marche ou à telle autre activité physique, mais on hérite aussi les dispositions intellectuelles. Tel naît mathématicien, musicien, orateur, (lui a des mathématiciens, des musiciens, des orateurs dans ses ascendants. La filière n'est pas toujours facile à suivre, mais elle est d'une manière générale évidente. Consultez les ouvrages sur la criminalité et vous en verrez le développement absolument convaincant.
Sans doute on n'hérite pas des idées, celles-ci sont personnelles, mais on liérite des aptitudes et des inaptitudes ;etje m'empresse d'ajouter qu'il dépend de l'individu lui-même et du milieu où il vit qu'elles reçoivent telle direction favorable ou défavorable. Le fait est acquis, le domaine idéal possède un bien (lui n'est plus du souvenir et qui est pourtant encore une empreinte. Ce n'est pas du souvenir parce que l'individu n'a pas connaissance des événements qui l'ont produit, mais c'est néanmoins le fruit matériel d'événements antérieurs, l'empreinte héréditaire ou héritage de l'idéal.
L'orii;ine en est la m«'me que celle de la mémoire, un phénomène de polarisation discuté ailleurs. Il s'applique à la constitution atomique et moléculaire de la cellule germinative comme aux cellules nerveuses et aux autres cellules quelconques. Les résultats sont une direclion particulière imprimée à la vé'^étation entière du nouvel être et nécessairement aussi aux organes de la pensée, siège de l'idéal.
En résumé l'activité de l'individu marque sa trace
dans l'idéal des descendants. Il y a dans notre idéal un quelque chose qui y a été mis par les ancêtres et qui peut en être appelé le tréfonds si le souvenir en est le fonds.
Dé finit ion de l idéal
Si l'on a bien suivi l'exposé qui précède concernant la relativité et les sources de l'idéal, il doit apparaître une notion de l'idéal de tous points conforme à la conception habituelle du langage', qui est de le considérer comme un bien appartenant en propre à l'individu, et en même temps comme quelque chose que l'on poursuit, que Ton saisit même sans pouvoir jamais le fixer définitivement.
Voyez l'être qui soulTre. Son idéal comprend, à côté de l'idée de souifrance, celle de délivrance et
c'cî^t mrme celle-ci qui domine d'autant plus forte que la souffrance est plus grande. Mais, dès que la délivrance est arrivée, un idéal nouveau est apparu, qui diffère du précédent et va changeant dans le moment même où change le cours de la pensée. L'idéal est une quantité momentanée, un champ^ sans cesse renaissant (
On attache conmiunément à l'idéal la notion de perfection harmonique. Pourquoi ? En voici l'explication. Toute idée comme toute sensation est un jeu d'émotions, une suite d'équilibres rompus, qui ont
DEUXIÈMi: PARTIE