‹ La philosophie naturelle [microform]Chapitre 86 sur 188 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

que soulève naturellement l'idée d'harmonie ; celleci est le fondement même de toute esthétique.

C'est par exemple un ouvrage concernant l'esthétique des réalités que le maître livre d'iïelmholtz intitulé La théorie phnsio/oniqne de la musique. L'auteur y énumère les harmonies de l'oueur que provoquent les jeux de sons; son (^idique phi/siolof/ique est élaborée dans le même esprit et l'on peut dire qu'il en est de même de tous les traités de physiologie dans les parties consacrées aux organes des sens et aux sensations primitives ou sensualités.

Nous avons nous-même étudié ces questions en psychologie (1- partie tout entière et 2« partie livre IV, chap. l,lletïll), et leur avons consacré une longue étude. Le lecteur avide de s'instruire y trouvera la question étudiée au point de vue exclusif de la physiologie nerveuse qui est celui de la psychologie naturelle. Aux réalités esthétiques appartiennent surtout les harmonies intellectuelles supérieures appelées les sentiments dont l'élude a été faite également en psychologie (livre IV, chap. IV de la deuxième partie). Je signalerai seulement la distinction linale des sentiments en trois groupes utiles à considérer au point de vue artistique : les égoïstes, les sociaux et les objectifs différents entre eux par les relativités qui leur donnent naissance.

Les sentiments égoïstes, résumés dans les idées de bonheur et de malheur, sont inspirés par les exclusives relations de l'homme avec lui-même.

Les senlimenls sociaux ou altruistes, comprenant les variétés de l'amour et de la haine, naissent dans les relations de l'homme avec autrui.

Enfin les seniimenis objectifs sont ceux 'qu'éveillent en nous les relations des choses. Le vrai et le faux, 1p. juste et l'injuste, le bien et le mal, le beau et le laid en sont les expressions générales.

L'art joue indifféremment de tous les ordres de sentiments. Son esthétique ne connaît pas d'ostracisme. Impropre est l'usage de désigner l'un d'eux exclusivement, fût-ce celui du beau, du nom de sens esthétique.

Bôle artistique des réalités

Il était réservé à un maître dans la littérature de comprendre la portée artistique absolument générale de cette branche d'esthétique et d'en poursuivre la systématique application. Une école littéraire est née de son exemple, l'école «naturaliste » qui fait cause

commune avec les « réalistes » de tous les arts.

Naturalistes et réalistes se distinguent par leur soin méthodique à utiliser jusqu'en leurs éléments les procédés nai^urels d'éclosionet de communication des sentiments. Aussi les voit-on à l'exemple des physiologistes parler d'observation et d'expérience.

«... Le romancier, dit K. Zola, est fait d'un observateur et d'un expérimentateur. L'observateur chez lui donne les faits tels qu'il les n observés.

DEUXIÈMI': PARTIE

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